En Bulgarie, les tests réalisés jusqu’à présent sur quelques oiseaux morts de façon suspecte, se sont tous révélés négatifs, selon les autorités. La chasse aux oiseaux migrateurs ainsi que les importations de volailles et de produits aviaires de Roumanie et de Turquie avaient été interdites dès le 10 octobre. Les douanes de Bourgas, dans le sud-est ont toutefois indiqué le 13 octobre avoir intercepté un camion turc transportant clandestinement 255 kg de cuisses de canard. Les autorités sanitaires s’apprêtaient également à distribuer 40 000 brochures de prévention aux éleveurs de volailles.
En visite en Bulgarie le 12 octobre, le commissaire européen à la protection des consommateurs, Markos Kyprianou, a estimé que « les mesures prises par les autorités bulgares correspondent complètement à celles prises par l’UE et sont adéquates pour le moment ».
L’Egypte, la Syrieet la Jordanie,prochaines étapes sur le parcours des oiseaux migrateurs porteurs potentiels du virus, ont pris des mesures de prévention contre la maladie après son apparition en Turquie.
En Iran, une forte mortalité a été constatée chez des oiseaux d’eau sauvages à Poldasht, près de la frontière avec l’Azerbaidjan, selon l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE). La mort de 3 673 volatiles aurait été rapportée depuis le 2 octobre mais aucun agent pathogène n’avait pu être identifié en date du 12 octobre.
Les experts de la FAO craignent aussi l’arrivée d’oiseaux migrateurs porteurs du virus H5N1 entre décembre et le printemps prochain dans des pays peu armés contre la grippe aviaire comme ceux de la vallée du Rift, notamment l’Ethiopie, le Kenyaet la Tanzanie.
De leur côté, les services vétérinaires russes ont annoncé le 10 octobre l’abattage prochain de 460 000 volailles d’un élevage de la région de Kourgan (ouest de la Sibérie), dernière zone en date touchée par la grippe aviaire en Russie.
La situation dans les États membres
Dans l’Union européenne, la Grèce, la Hongrieet la Pologneavaient décrété des embargos sur les importations de produits avicoles en provenance de Roumanie dès le 10 octobre.
En France, le Premier ministre, Dominique de Villepin, devait organiser le 14 octobre une réunion des ministres concernés pour faire le point sur les mesures prises. L’Agence française pour la sécurité sanitaire des aliments (Afssa), avait été saisie quelques jours plus tôt pour analyser la situation et formuler de nouvelles recommandations. Son rapport est attendu début novembre. La pose de filets au-dessus des élevages en plein air est d’ores et déjà considérée par certains experts comme une « fausse bonne idée » en raison du risque que les oiseaux migrateurs viennent s’y percher et contaminent ainsi les volailles.
La France est le premier producteur de volailles de l’UE et le troisième exportateur mondial derrière le Brésil et les Etats-Unis. Chaque année, quelque 190 000 élevages français produisent 1 milliard de volailles dont 750 millions de poulets, 80 millions de dindes, 80 millions de canards, 35 millions de pintades et plusieurs millions d’oies et de cailles. Seulement 20 % de ces volailles sont élevées en plein air. Selon les professionnels, les achats de volaille à Rungis auraient baissé d’environ 10 % depuis début octobre. Près de 100 000 tonnes de volailles transitent chaque année à Rungis.
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Le secteur avicole réalise un chiffre d’affaires annuel de 6 milliards d’euros et emploie 50 000 personnes.
En Allemagne,une cellule de crise mise en place par le gouvernement a annoncé le 12 octobre le renforcement des contrôles des importations de volailles aux frontières, sur les routes et dans les aéroports pour prévenir les entrées illégales de produits en provenance de pays touchés. Elle a jugé en revanche qu’il n’était pas nécessaire à ce stade d’adopter des mesures plus strictes pour les élevages allemands. En cas de danger sérieux, le gouvernement prévoit l’isolation des volailles infectées, l’interdiction de leur transfert, la destruction immédiate des volailles et des œufs, le nettoyage et la désinfection des enclos contaminés, et la mise en place de zones de quarantaine.
Le gouvernement allemand a fortement critiqué la politique d’information de la Commission, qui avait démenti une nouvelle fois la présence de la grippe aviaire en Roumanie le 12 octobre en fin de journée, avant d’annoncer le contraire quelques heures plus tard. « Dans les situations pas claires comme celle-ci, il faut une gestion de crise responsable partant sur un scénario catastrophe. La fin de l’alerte ne doit être donnée que lorsque l’on dispose d’information fiables et définitives », a déclaré le secrétaire d’état allemand à la protection des consommateurs, Alexander Müller, dans un communiqué.
Au Royaume-Uni, le gouvernement a lancé un appel à la vigilance du public, demandant notamment de rapporter toute mort d’oiseau considérée comme suspect via une ligne téléphonique spécifique. Il a aussi demandé aux associations d’ornithologie et d’observation de la vie sauvage de collecter les éventuels cadavres d’oiseaux pour les porter au laboratoire vétérinaire national.
En Italie, la consommation de poulet a baissé de 30 à 40 % en quelques jours après la découverte des cas suspects en Roumanie, selon la Confédération italienne des agriculteurs (Cia). La filière avicole italienne compte plus de 6 000 élevages et emploie 80 000 personnes, pour un chiffre d’affaires de 4 milliards d’euros.
L’ Autriche a commandé plusieurs centaines de milliers de masques de protection et d’importantes quantités de désinfectant, tout en commençant à reconstituer les stocks de Tamiflu épuisés depuis fin août.
Le Portugala commandé quant à lui 2,5 millions de doses de médicaments en prévision d’une éventuelle pandémie de grippe aviaire.
Enfin, ébranlée par la fausse alerte de fin août sur un oiseau migrateur, la Finlandea lancé un appel d’offres auprès des laboratoires pharmaceutiques pour l’acquisition de 5,2 millions de doses de vaccin.