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Coopérative/Résultats Le pôle alimentaire d’Euralis dans le rouge

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Le pôle alimentaire d’Euralis ne devrait pas renouer avec les bénéfices avant 2014. Alors qu’un plan de restructuration a été mis en place pour palier l’érosion des marges sur les ventes en grande distribution, c’est l’activité canard gras dont la rentabilité est maintenant plombée par la hausse des matières premières. Le plan de redressement mis en œuvre par Pierre Couderc suffira-t-il à redresser des activités ébranlées par le départ de bon nombre de ses cadres dirigeants ces derniers mois ?

Sans surprise, le pôle alimentaire d’Euralis, qui a subi de fortes turbulences ces derniers mois (plan de restructuration de Stalaven, valse des dirigeants), est dans le rouge sur l’exercice 2011/2012 et devrait le rester sur l’exercice en cours.
« Nous attendons une amélioration du résultat d’exploitation en 2013, mais pas un retour à l’équilibre », nous a expliqué Pierre Couderc, directeur général d’Euralis.
Le pôle alimentaire a vu son chiffre d’affaires chuter de 3 %, à 596 M EUR, et dégagé une perte d’exploitation de 9 M EUR. Au niveau du groupe, le chiffre d’affaires atteint 1,54 Md EUR pour un résultat d’exploitation de 20 M EUR et une perte nette de 10 M EUR. Cette perte s’explique en partie par des éléments exceptionnels à hauteur de 17 M EUR, dont les provisions pour la restructuration de Stalaven (fermeture de quatre sites et suppression nette de 110 postes).

Toutes les BU voient leur chiffre d’affaires baisser

Le pôle grande consommation (251 M EUR de CA, - 2 %) pâtit de la baisse de l’activité MDD en salade notamment (carottes rapées, taboulé). « Le marché était surcapacitaire. L’érosion de nos marges sur un certain nombre de marchés nous a décidé à engager une restructuration, pour adapter nos capacités au marché », explique Pierre Couderc.
Rougié (foie gras à destination de la restauration gastronomique), Business Unit à la tête de laquelle Jean-Jacques Caspari a succédé à Brieuc Fruchon, a dégagé 138 M EUR de chiffre d’affaires, en baisse de 4 %. « La France souffre avec des volumes en baisse de 5 à 10 % selon les distributeurs. À l’international, l’activité progresse de 3 % seulement du fait de l’effondrement du marché espagnol, qui a chuté de plus de 20 %, alors que c’est un marché très important », détaille Pierre Couderc.
Enfin, la business unit Stalaven (bouchers charcutiers traiteurs et restauration chaînée ou indépendante), qui réalise 130 M EUR de chiffre d’affaires, a vu ses ventes baisser de 4 %. « Le segment bouchers charcutiers traiteurs s’est très bien tenu dans un contexte difficile, mais les ventes en restauration ont baissé », admet Pierre Couderc.

Le canard gras souffre du niveau de prix élevé des céréales

Si le dirigeant livre peu de détails sur la rentabilité des différentes activités, il déclare que « le traiteur se porte mieux que le canard gras actuellement ». Sur cette dernière gamme de produits, des hausses de tarif de 10 % en moyenne ont été passées auprès de la distribution depuis le début de l’exercice. « Sur l’exercice 2011/2012, nous avons subi la forte hausse des matières premières, qui a généré un impact de 16 M EUR dont 10 M EUR pour les seules céréales », explique-t-il. En cause notamment, la sécheresse aux Etats-Unis qui a fait monter les prix alors que les stratégies de couverture ont été élaborées dans un contexte d’annonce d’emblavements record.

Une entreprise profondément remaniée

Pour redresser la barre, Euralis entend déployer sa gamme simplifiée de produits traiteurs (4 000 références au lieu de 6 000), en mettant l’accent sur les produits leaders. L’entreprise mise fortement sur le frais emballé, dont le chiffre d’affaires a doublé en quatre ans, à 41 M EUR. Du côté de la restauration, Rougié entame sa diversification avec du homard (primé au Sirha). Un projet de deuxième site de production de foie gras devrait voir le jour en Chine avant la fin de l’année. Enfin, 7 M EUR doivent être investis sur le site d’Yffiniac. Sur les sites dédiés au canard gras (qui ont été restructurés en 2008), des améliorations doivent être apportées sur les plans industriel et logistique. Un plan d’économie sur les achats a également été lancé, qui doit permettre d’économiser 6 M EUR par an sur une année pleine.
Reste à savoir si ces mesures suffiront pour redresser un pôle dont le management et l’organisation ont été profondément remaniés en très peu de temps.

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