A l’intention de la centaine d’industriels, techniciens et chercheurs qui assistaient à son premier colloque, le 1er décembre à Quimper, le pôle de compétitivité « aliment demain », baptisé en Bretagne « Valorial », a fait son show pour inciter les entreprises à adhérer à la dynamique d’innovation qu’il est censé générer.
Les enjeux du pôle de compétitivité « aliment demain », sa finalité – rapprocher industriels, centres techniques et universitaires, inciter à l’innovation pour produire un aliment de plus haute valeur ajoutée –, et la répartition des moyens pour y parvenir, ont été présentés la semaine dernière à Quimper par le pôle « Valorial » qui figure, depuis le 12 juillet, parmi les 67 pôles de compétitivité labellisés en France à l’issue du Comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire (CIADT).
C’est un pôle à vocation nationale, « mais nous avons vocation à être un pôle mondial», a souligné d’emblée le chargé de mission Valorial, Michel Pinel, également directeur du centre technique Adria. Il estime en effet que la Bretagne dispose de sérieux atouts : trustant de nombreuses premières places en productions agricole et agroalimentaire, la région possède aussi « une force de formation inégalée et un dispositif d’accompagnement puissant et organisé en réseau ». Notamment des centres techniques et de transfert de technologie qui abritent sous leurs toits de petites zones d’activités pour mettre en œuvre les derniers ajustements techniques et industriels avant commercialisation (lire encadré 2).
Les animateurs du pôle de compétitivité « aliment demain » ont rappelé au colloque du 1er décembre les objectifs : enrichir les thématiques de recherche constitutives du pôle, desquelles sortiront des nouveaux produits. Ces thématiques (technologies du lait, des ovoproduits, de la viande ; ingrédients fonctionnels ; microbiologie des aliments ; nutrition santé) constituent autant de commissions. Chacune d’entre elles est animée par un responsable de centre technique spécialiste de la thématique à qui les entreprises intéressées par la dynamique d’innovation peuvent s’adresser pour adhérer (un montant de cotisation sera fixé à la prochaine assemblée générale de Valorial début 2006).
Un budget de 35 à 40 M EUR
Disposant, sur la période 2005-2007, d’un budget compris entre 30 et 45 millions d’euros selon le mode de répartition des 1,5 milliard d’euros du financement d’Etat, non encore précisé (les collectivités locales doivent apporter la même somme sur la même période), Valorial a décrit ce que seront ses choix.
Les projets dits de coopération devront concerner une des thématiques du pôle. Ils devront être « innovants par rapport au marché national ou international suivant la cible », complémentaires « des activités économiques du pôle de compétitivité », avoir un « impact en termes de développement ou de maintien des implantations des entreprises, (et sur) l’attractivité du territoire du pôle de compétitivité, et jouer le partenariat avec « d’autres pôles de compétitivité ».
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Objectif : 50 à 100 projets par an
Point essentiel : ces projets seront forcément collectifs, c’est-à-dire mêlant au moins deux industriels dont « un membre du pôle est résident en Bretagne et un organisme de recherche ou de formation membre du pôle ». Ils pourront bénéficier d’une exonération de charges fiscales et sociales dans des zones définies sur l’ensemble du pôle. La gouvernance du projet restera entre les mains de l’industriel membre du pôle ; mais il sera instruit et géré par la commission ad hoc et la structure d’animation de « Valorial ».
Un fonctionnement collectif qui pose question dans un univers concurrentiel : sur ce point, Michel Pinel s’est voulu rassurant. Dans tout dossier sera précisé le niveau de confidentialité exigé vis-à-vis des experts du dossier, des membres de Valorial et de l’extérieur du pôle.
Ces projets de R & D seront co-financés à 50-50 entre le privé (les entreprises) et le public (Etat – Région – collectivités locales). Si le thème concerne moins le monde de l’entreprise, le financement public pourra être plus important. « Mais c’est la qualité du projet qui fera le financement, et pas l’inverse », a précisé Michel Pinel, qui indique qu’une fourchette de 50 à 100 projets financés par an lui semble une bonne estimation.
Il reste désormais à bâtir une vraie émulation entre les industriels et le pôle de compétitivité. Elle grandira au fur et à mesure que le code déontologique de fonctionnement du pôle prendra forme.
Le 14 décembre, le conseil d’administration du pôle de compétitivité, formé de 12 représentants du collège industriel, 6 du collège des structures d’animation économiques et technologiques et 6 du collège des organismes de recherche et de formation, élira son président. Puis en janvier Valorial fera un nouvel appel aux entreprises pour qu’elles adhèrent, avant l’assemblée générale de Valorial, prévue fin janvier début février.