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Chimie végétale Le pôle IAR va proposer une liste de biomolécules aux entreprises

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Le pôle de compétitivité Industrie et Agro-Ressources (IAR), qui développe les technologies des nouvelles valorisations de l’agriculture, va dresser une liste des molécules dangereuses à substituer par des biomolécules, et proposer ces dernières aux industries utilisatrices de ces molécules, a-t-on appris lors d’un colloque sur les opportunités de la chimie végétale qui s’est tenu le 17 mars.

Le pôle IAR lancera ce printemps l’opération « Végé-Reach », en référence à la directive européenne Reach, a annoncé Thierry Stadler, directeur général du pôle IAR, le 17 mars lors d’un colloque organisé pour les chimistes par la revue l’Usine nouvelle sur le thème « Saisissez les nouvelles opportunités industrielles de la chimie du végétal ».

Reach est une directive européenne visant à encadrer les molécules chimiques dangereuses.

La démarche d’IAR est complémentaire de Reach : Reach identifie les molécules dangereuses, IAR propose d’en remplacer, quand c’est possible, et d’aller au devant des entreprises pour les informer que des alternatives sont possibles.

« Nous entrerons en contact avec les entreprises utilisatrices des molécules dangereuses identifiées par Reach et substituables. Nous leur proposerons des biomolécules » issues d’acteurs comme ARD (Agro-industrie Recherches et Développements) de Pomacle, le CVG (Centre de valorisation des glucides) d’Amiens et l’amidonnier Roquette, a précisé Thierry Stadler.

Avant même la publication de la liste de molécules à remplacer par des biomolécules, certaines pistes se dessinent. On a entendu évoquer, lors de ce colloque, des projets consistant à remplacer les phtalates (substances contenues dans les plastiques d’origine fossile et incriminées comme perturbateurs endocriniens) par des molécules d’origine végétale, qui seraient intégrées dans les plastifiants. Il s’agirait notamment de produire des PVC sans phtalates.

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Projets en cours : de l’acide succinique…

Ce colloque a été l’occasion de dévoilé, à un public d’industriels, ne connaissant pas particulièrement la chimie végétale et encore moins l’agro-industrie, le dynamisme du secteur. Au moins quatre projets pré-industriels ou industriels en cours ont été présentés à l’auditoire.

Un projet bien avancé est celui d’un pilote industriel de production d’acide succinique. L’acide succinique est une « brique » quasiment incontournable de la chimie pour la fabrication de cosmétiques, polyuréthanes, bioplastiques, solvants, pigments, nylon, résines, ingrédients alimentaires, a indiqué Dominique Dutartre, président d’ARD et directeur général adjoint de Champagne Céréales. L’usine pilote est en construction à Pomacle, près de Reims. Elle commencera à produire début 2010, avec une production de 2 000 tonnes. Le substrat utilisé sera le glucose de blé. Si l’opération est concluante, une usine de 200 000 tonnes pourrait être construite ultérieurement, a précisé Dominique Dutartre.

… à la raffinerie de paille

Un autre projet est celui de la première raffinerie de paille de blé à Vitry-le-François, dans la Marne. Les terrains sont acquis, l’usine devrait traiter 180 000 tonnes de paille à partir de la campagne 2011/12, pour produire, avec la cellulose, de la pâte à papier et de l’éthanol, et avec la lignine, des colles et adhésifs.

Par ailleurs, le représentant du groupe Roquette, Christophe Rupp-Dahlem, a quant à lui évoqué un projet de production de méthionine, acide aminé dont le marché est en forte croissance, car la méthionine est un acide aminé essentiel destiné principalement à l’alimentation des volailles, secteur en hausse à l’échelle mondiale. Cette substance fait à la fois l’objet de volumes importants (700 000 tonnes) et de haute valeur ajoutée. Son prix de revient est de 10 euros le kilo, mais Roquette projette de le ramener à 4 euros le kilo. La méthionine est produite à base de glucose de céréales.

Enfin, Thierry Stadler a mentionné le projet pilote Techplax de raffinerie de la graine de lin. La partie lipidique du lin sera transformée en colles dans une filiale de Total dans le nord de la France, tandis que la partie cellulosique de la graine sera transformée en superabsorbants et pensements cicatrisants par le Centre de valorisation des glucides à Amiens.