Endommagé par un bateau-mouche fin janvier, le pont de Sully limite la navigation sur la Seine. L’interprofession céréalière s’alarme des répercussions sur le transport céréalier, d’autant plus qu’approchent les Jeux olympiques de Paris cet été.
Contacté par Agra Presse le 15 mars, le secrétaire général d’Intercéréales Jean-François Lépy s’est dit « très inquiet » des restrictions entourant la circulation sur la Seine, depuis que le pont de Sully a été endommagé par un bateau-mouche le 31 janvier. À la suite de l’incident, des mesures « conservatoires » ont été prises par la mairie de Paris, qui précise sur son site que le retour à la normale de la navigation est « à l’étude ». Pour l’heure, des créneaux de passage pour les céréaliers sont prévus par arrêté préfectoral « d’une semaine à l’autre », souligne M. Lépy.
Organisés par Voies navigables de France, sous l’autorité de la Préfecture de Paris, les passages doivent être approuvés par des experts de la ville de Paris. « L’ingénieur des ponts et chaussées de la mairie de Paris ne peut se déplacer que le matin. C’est ubuesque », s’agace M. Lépy. Pour rappel, des milliers de tonnes de céréales transitent par Paris, en provenance de l’amont, vers le port de Rouen. Alors que la filière céréalière a un programme « assez costaud » depuis janvier, « elle a besoin de faire passer ses péniches », précise le secrétaire général d’Intercéréales.
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Une période estivale « critique »
« Agacé » par le manque d’informations en provenance de la Ville de Paris, M. Lépy redoute l’arrivée des JO, à une période « critique » pour la profession. Sur les 3 Mt de céréales qui empruntent la Seine, 1 Mt circule à cette période de l’année, avait rappelé Jean-François Loiseau, président d’Intercéréales (interprofession céréalière) à l’occasion d’une conférence de presse le 15 février. Le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau avait alors annoncé l’adoption d’un protocole d’accord en cinq mesures entre la préfecture d’Île-de-France et la profession céréalière, afin d’assurer la continuité de l’activité céréalière en amont et pendant les Jeux olympiques (JO) de Paris 2024.
Le dispositif comprend notamment la fermeture à toute navigation en région francilienne « du 20 au 26 juillet » pour préparer la cérémonie d’ouverture des JO, mais aussi l’allongement des horaires des ouvertures des écluses avec une fermeture repoussée à minuit au lieu de 20 heures. Alors que l’incident du Point de Sully entretient « le flou » sur la période à venir, M. Lépy estime que la préfecture d’Ile-de-France est aujourd’hui « impuissante devant le ventre mou de la Ville de Paris ». Et d’appeler à ce que la municipalité « se secoue les puces ». Contactée à deux reprises, la Mairie de Paris n’a pas donné suite à notre demande de précisions.