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Porcs Le porc de montagne mis en danger par la Commission européenne

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Lors d’une conférence à Aubières (63) le 15 novembre dernier, l’Association Porc Montagne a affirmé que la Commission européenne met en péril la filière.

«FranceAgriMer nous a accompagnés avec des programmes de recherche à hauteur de 5 millions d’euros sur la filière porc de montagne. Mais depuis 2012, la Commission européenne met en danger le travail effectué depuis quinze ans », déplore Georges Champeix, président de l’Association Porc Montagne, le 21 novembre. L’Europe a adopté en 2012 le règlement 1151/2012 qui impose pour les « produits de montagne » que l’alimentation des animaux provienne essentiellement des zones de montagne. Bruxelles « envisage d’imposer un taux d’alimentation de provenance montagne minimal pour les monogastriques (dont les porcs) », selon un communiqué de l’Association Porc Montagne. Georges Champeix rappelle que l’alimentation des porcs est essentiellement constituée d’oléo-protéagineux. « Les porcs ne mangent pas d’herbe. En zone de montagne, retourner des prairies pour faire des oléo-protéagineux, c’est une aberration », poursuit-il. Si bien que la proposition de la Commission européenne entraînerait la « destruction de la filière » qui ne veut pas d’une obligation d’au moins 30% ou 50% d’alimentation d’origine montagne pour l’alimentation des animaux. « Nous voulons un taux de zéro. En zone de montagne, il y a de toute façon très peu de céréales cultivées. Le peu qui est produit est consommé par les bovins », explique Georges Champeix.
Pour l’heure, un acte délégué pour la mise en application du règlement 1151/2012 est en cours de rédaction à Bruxelles. Il pourrait être soumis aux parlementaires européens début 2014. D’ici là, la filière porc de montagne française travaille sur plusieurs fronts pour faire valoir le danger que représente le règlement en l’état. « La priorité est d’être entendus par Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture. Malgré nos sollicitations, nous n’avons pas de retour », explique Georges Champeix. Il poursuit : « La Commission européenne qui rédige les actes délégués a pour interlocuteur les Etats, donc Stéphane Le Foll pour notre filière ». Parallèlement à la sollicitation des pouvoirs publics, l’Association Porc Montagne travaille avec EuroMontana, association européenne pour les zones de montagne, basée à Bruxelles. Pour rappel, la filière française porcs de montagne inclut 800 exploitations agricoles, 5 abattoirs principaux qui traitent 80% de la production (750 000 porcs charcutiers). En sortie d’exploitations agricoles, le chiffre d’affaires moyen annuel est de 110 millions d’euros.

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