Le potentiel du tourisme agricole et rural n’est pas suffisamment exploité par les agriculteurs. C’est ce qui est ressorti d’une table ronde organisée par le groupe « Monde rural » que préside André Thévenot et qui se tenait le 12 juin à Paris. Alors que la demande est chaque année plus importante en matière de tourisme, le monde agricole pourrait mieux profiter de cette opportunité, notamment vers des prestations davantage haut de gamme.
L’hébergement touristique en milieu rural connaît un réel développement. D’après Marie-Laurence Madinier, sous-directrice de l’environnement et de la ruralité au ministère de l’Agriculture, le nombre de chambres d’hôtes et de gîtes ruraux se développe à bonne allure : +23% du nombre de chambres entre 2001 et 2005. Le tourisme rural ne représente pas moins de 35% de la fréquentation touristique nationale et 21% de la consommation touristique. Or, les agriculteurs ne semblent pas profiter de ce développement. Les derniers chiffres connus montrent qu’en 2000 près de 14 000 exploitants (2,1% de l’ensemble) pratiquaient des activités d’hébergement contre 16 500 en 1988. Présenté souvent comme une opportunité importante pour développer la multi-activité, le tourisme à la ferme reste une minorité.
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Demande haut-de-gamme
Le réseau le plus dynamique, « Bienvenue à la ferme », qui dépend du réseau des Chambres d’agriculture, compte 5 700 adhérents. Au total, les gîtes ruraux détenus par des agriculteurs ne représentent que 1% de la capacité totale d’hébergement touristique. Bien des explications ont été avancées à ce manque d’investissements. D’une part, les soutiens émanant des pouvoirs publics sont dispersés et souvent manquent de cohérence ; d’autre part, l’agrotourisme ne fonctionne vraiment que dans des contextes précis, lorsque l’exploitation est dirigée par un couple, dont l’épouse – le plus souvent – prend en charge la partie hébergement ; il s’agit, enfin, d’investissements parfois lourds, notamment si l’on veut développer un accueil plus haut de gamme que par le passé. C’est d’ailleurs sur le haut de gamme que se porte la demande, « celle des nouveaux retraités, couples sans enfants, célibataires sportifs, familles étrangères », faisait remarquer Danielle Küss, secrétaire générale de la Conférence permanente du tourisme rural.