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Congrès de la Coordination rurale « Le pouvoir est à Bruxelles »

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« Il est nécessaire et même vital, donc urgent, d’organiser un véritable syndicalisme européen pluraliste », a lancé François Lucas, le président de la Coordination rurale, réélu lors du 11e congrès du syndicat qui s’est déroulé, à Amiens, le 2 décembre. « Nous sommes entendus à Paris toutes les semaines mais à Bruxelles, ils n’ont pas le son », regrette le leader syndical. Devant près de 500 participants, Daniel Guegen, ancien secrétaire général du Copa-Cogeca a enfoncé le clou : « Le pouvoir est à Bruxelles ».

« Un fonctionnaire moyen à la Commission européenne a plus de pouvoir qu’un ministre français de l’Agriculture», a lancé, provocateur, Daniel Guegen, ancien secrétaire général du Copa-Cogeca lors de son intervention au 11e congrès de la Coordination rurale qui a réuni près de 500 participants sur le thème « Construire un vrai syndicalisme européen ». Fustigeant « tous les syndicats agricoles » qui ont commis une double erreur stratégique en centrant leur action sur les aspects politiques au niveau national, Daniel Guegen estime que la « vraie influence » est « européenne et technique ».

Aujourd’hui, les marges de manœuvre sont techniques, explique-t-il. La recette de l’actuel président de Clan Public Affairs est de « gagner des dossiers à Bruxelles du point de vue technique même si cette tactique apparaît peu excitante ». Il faut choisir l’option « lobbying dossier par dossier », assure Daniel Guegen, et non « l’approche révolutionnaire » du type José Bové. Le lobbying défensif sous un angle négatif est dépassé : « C’est une stratégie perdante ».

Faire entendre sa voix à Bruxelles

La Coordination rurale consciente de l’enjeu bruxellois en terme de lobbying veut faire entendre sa voix. « Il est nécessaire et même vital, donc urgent, d’organiser un véritable syndicalisme européen pluraliste ». « Nous devons obtenir que les syndicats européens puissent de manière institutionnelle, avec les moyens financiers qui conviennent être en permanence consultés pour faire valoir leur opinions et leurs propositions», souligne le président de la CR.

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Jusqu’ici, « nous parlons à Gaymard et c’est Fischler qui décide» résume François Lucas, notamment sur le délicat dossier de la réforme de la Pac. Le président du syndicat alerte sur les « dangers d’une Pac en déliquescence». « Demain avec les aides découplées, les paysans vont pouvoir envisager de prendre des années sabbatiques sans risques immédiats pour leur existence économique, explique François Lucas. Mais imaginez les résultats que cela pourrait produire sur les marchés».

Les droits à paiement vont disparaître

Pour François Lucas, « la lucidité nous amène à penser que dans quelques années, les DPU seront supprimées parce qu’elles seront assimilées à des privilèges : il convient donc de les considérer comme une bulle financière ou comme les emprunts russes ». Même point de vue de Thierry de l’Escaille, secrétaire général de ELO (European Landowners’Organisation) : « Les DPU sont un régime transitoire. On sait que les DPU vont disparaître à l’horizon 10-15 ans». Cette nouvelle Pac est « encore plus complexe et soviétiforme : si on considérait l’ancienne PAC au niveau 3 de la complexité, la nouvelle a atteint le niveau 5», conclut François Lucas qui entamait le 2 décembre son troisième mandat de trois ans à la présidence de la Coordination rurale.