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Coop. Polyvalente/Résultats Le premier exercice de Terrena sous le signe des restructurations et de l’élaboré

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Le groupe coopératif Terrena (Ancenis, Loire-Atlantique) a subi une légère érosion de ses ventes pour son premier exercice depuis sa constitution en 2004, consécutivement à ses efforts de réorganisation sur le terrain et à la restructuration forte engagée dans sa filière volailles.

Le chiffre d’affaires consolidé de Terrena s’établit pour son premier exercice à 3,1 milliards d’euros, le résultat net consolidé à 10,4 millions d’euros (résultat net part du groupe : 13,3 millions) avec 373 millions de fonds propres. Ses capacités d’autofinancement se montent à 61,7 millions d’euros.

« Nous avons eu d’importants coûts de structuration sur le terrain, notamment par la suppression de dépôts et centres qui ont impacté le résultat de 2004 et l’impacteront encore en 2005 », explique Pascal Lebeau, directeur général.

Au total, le géant coopératif des Pays de la Loire et du Poitou-Charente, qui emploie 11 900 salariés, a investi 89 millions d’euros sur l’ensemble de l’exercice 2004, à la fois dans la recherche des meilleurs coûts de production agricole et dans l’extension des capacités de fabrication de produits élaborés.

En effet, alors que « la mise en place du découplage des aides de la PAC et les perspectives d’un accord de libre-échange agricole à l’OMC (rendent réels) les risques de délocalisation des productions agricoles », Terrena a le souci de réduire globalement ses coûts.

Cependant, c’est bien l’industrie et sa filière volailles en particulier (179 000 tonnes de viandes, 24 % des ventes) incarnée par sa filiale Gastronome qui reste la première préoccupation de Terrena.

71 millions d’investissements programmés

Le groupe a procédé en 2004 à la fermeture de deux abattoirs découpe de poulets et rapatrié les volumes sur un seul site flambant neuf, construit à Nueil-Les-Aubiers (Deux-Sèvres) avec des capacités de 700 000 poulets par semaine.

« Nous avons également transféré sur Ancenis une société commerciale de poulets basée à Chailley dans l’Yonne », précise M. Lebeau. Au total, le groupe a réduit les effectifs de sa filière volailles d’un peu plus de 10 % à 4 777 équivalent temps plein entre 2003 et 2004.

Si la société Gastronome a connu en 2004 une année déficitaire, Pascal Lebeau espère obtenir dès 2005 « de meilleurs résultats ». En 2005, Terrena poursuit ses efforts dans le même sens.

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Au total, sur 71 millions d’euros d’investissements qui ont été décidés par l’ensemble du groupe, 18 millions concernent l’amont et 53 millions d’euros portent sur le renforcement de l’élaboration de ses produits transformés. Dans les filières bovine et porcine (25 % des ventes), Terrena va injecter près de 10 millions d’euros. 7 iront chez Soviba au Lion d’Angers (Maine-et-Loire) dans l’agrandissement de l’atelier de produits élaborés pour soutenir la croissance de 17 % de l’ensemble de la gamme (brochettes, marinés, steaks hachés, etc.).

Ambitions pour laïta

Un programme d’investissements lissé sur 2005 et 2006 donnera à l’usine d’abattage découpe de porcs de Saint-Maixent (Sarthe) des capacités supérieures en unités de vente consommateurs et élaboré cuit. 1 900 tonnes de produits élaborés y sont actuellement fabriqués ; l’objectif est de passer à 3 500, voire 5 000 tonnes à terme.

L’activité laitière (9 % du CA consolidé) bénéficiera aussi, en 2005, d’engagements financiers de Terrena (6 millions d’euros d’investissements, programme pluriannuel), particulièrement à la Laiterie du Val d’Ancenis pour augmenter les capacités de fabrication de fromages à pâte molle et développer de nouveaux produits.

Portée par les performances commerciales des pâtes molles, « produits à forte valeur ajoutée », souligne le groupe, LVA veut encore gonfler le volume de ces produits dont elle fabrique déjà 16 000 tonnes sur un total de fromages de 44 000 tonnes.

Autre investissement de poids, la construction d’un nouveau moulin (3 millions d’euros) pour renforcer l’activité meunerie de Terrena. A l’avenir, Terrena, tout jeune géant coopératif, n’exclut pas de favoriser des alliances pour mieux ancrer des productions agricoles sur son territoire.

« Nous serons moteurs pour que Laïta (NDLR : société commerciale de Terrena, Even et Coopagri Bretagne de vente de fromages et beurres à marque Paysan breton) ait une ambition industrielle, une identité dans l’univers laitier », souligne Pascal Lebeau.

En clair, il s’agit d’achever la construction d’une vraie entreprise industrielle, et non plus seulement commerciale. Pascal Lebeau n’envisage pas cette évolution sur 2005, peut-être sur 2006, dit-il. Terrena a fait ce choix pour sa filière porcine en confiant à Arca le pilotage de ses porcs charcutiers et de son outil industriel de Saint-Maixent. « Nous sommes aussi entrés dans Alliance Loire pour consolider le cépage nantais en viticulture ».

Le besoin d’alliances se fait moins sentir, en revanche, en viande bovine du fait du poids important de la filière (131 000 tonnes plus 37 000 tonnes de produits élaborés). En volaille, la restructuration se poursuivra sur le pôle dinde (un quart des volumes). Terrena précise réfléchir à « une structuration de l’offre (…) face à la concentration des acheteurs ».