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Matières premières Le président français justifie son combat contre la volatilité des prix

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« Défendre la sécurité alimentaire, cela implique de lutter contre la volatilité excessive des prix des matières premières agricoles. C'est un combat urgent et nécessaire, dont j'ai fait une des priorités de la présidence française du G20 », souligne le président français Nicolas Sarkozy dans une interview publiée le 12 mars par l’hebdomadaire brésilien Veja.

«Que répondez-vous, interroge l’hebdomadaire brésilien, à ceux qui, au Brésil et ailleurs, considèrent que la lutte contre la volatilité des prix des matières premières est d'abord un moyen d'empêcher les grands pays agricoles, mais aussi les pays pauvres, de tirer profit de la hausse des prix ? ». « Je leur dis qu'ils se trompent », affirme le président français. « En aucun cas, il ne s'agit de limiter le développement de votre agriculture. Au contraire, indique-t-il, la priorité aujourd'hui, c'est de développer la production. Nous avons besoin d'agricultures fortes, et tant mieux si le Brésil s'impose comme l'une des premières fermes du monde ». (...). « En aucun cas non plus, poursuit M. Sarkozy, il ne s'agit de vous empêcher de vendre vos produits à bon prix. Mais qui peut dire que la flambée actuelle des cours des matières premières n'est pas une menace pour la reprise économique et pour la stabilité du monde, quand par exemple le prix de la tonne de blé passe de 120 euros à 300 euros en six semaines ? »
« La France ne dit pas : “il faut fixer les prix”, ajoute le président français . « Ce sont les marchés qui fixent les prix. Mais nous disons simplement que les marchés agricoles doivent être régulés ; qu'il faut limiter les variations excessives, qui n'ont aucun lien avec la réalité ; il faut accroître la transparence et il faut limiter le rôle de la spéculation sur ces marchés, parce qu'à l'arrivée, ce sont toujours les peuples qui en paient le prix », précise-t-il encore.
La France, poursuit en substance M. Sarkozy, propose premièrement, de renforcer la transparence sur les marchés physiques de matières premières agricoles, notamment sur les niveaux des stocks ; deuxièmement, de mieux réguler les marchés financiers de dérivés sur matières premières agricoles, par exemple en définissant des règles de base contre les abus de marché ; troisièmement, de mettre en place des mécanismes renforcés pour faire face aux crises alimentaires.

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