Réélu le 2 novembre pour un second mandat de quatre ans, avec plus de 58 millions de suffrages (51 %) contre 54,4 millions à son rival démocrate John Kerry, George W. Bush a promis aux agriculteurs, qui ont largement voté pour lui, de maintenir, voire d’intensifier, les programmes et actions en leur faveur, qu’il s’agisse des financements au titre de la loi de 2002, le Farm Bill, dont la renégociation débutera au congrès en 2005, ou de l’ouverture des marchés des pays tiers, aux produits transgéniques américains en particulier. Cerise sur le gâteau, les Républicains, le parti du président, ont gardé et même renforcé les majorités dont ils disposaient déjà dans les deux Chambres du Congrès. Lors de ce scrutin, les Américains élisaient aussi un tiers du Sénat et une nouvelle Chambre des représentants.
George W. Bush devrait profiter de sa réélection pour procéder à quelques modifications dans son équipe gouvernementale en observant une certaine continuité. Le principal changement devrait concerner la diplomatie. Le secrétaire d’État Colin Powell, 67 ans, est donné partant et la conseillère du président pour la sécurité nationale, Condoleezza Rice, pourrait également décider de quitter la Maison Blanche. Pour succéder à Colin Powell au département d’État, le nom de John Danforth, l’actuel ambassadeur américain aux Nations unies, est celui qui revient le plus souvent. Le représentant du président pour le commerce international (USTR), Robert Zoellick, pourrait devenir secrétaire au commerce, en remplacement de Donald Evans, ou rejoindre le privé. Il pourrait être remplacé par l’un de ses adjoints, Peter Allgeier, ou Josette Sheeran Shiner ou encore le secrétaire adjoint au commerce pour les affaires internationales, Grant Aldonas. Don Evans, l’un des amis les plus proches de M. Bush, retournerait à ses affaires dans le pétrole au Texas.
Financements nationaux…
Répondant aux questions d’associations professionnelles agricoles, le président Bush a notamment détaillé sa position sur deux points, selon un compte rendu de la Fédération du Farm Bureau de l’Iowa :
– « Soutiendrez-vous le financement intégral du programme de conservation inscrit dans le Farm Bill de 2002, y compris les paiements directs, les paiements contre-cycliques et les loan deficiency payments »?
George W. Bush. « Le Farm Bill actuel fonctionne bien, il a fourni une assistance considérable quand les prix étaient bas, puis une aide plus limitée une fois que les prix agricoles se sont améliorés.
« Le Farm Security and Rural Investment Act de 2002 est une législation clef pour le financement des mesures de conservation et les questions environnementales. Les programmes instaurés par cette législation aident les agriculteurs et les éleveurs à faire face aux défis environnementaux sur leurs terres, tout en renforçant la qualité à long terme de notre environnement et la conservation de nos ressources naturelles.
« Le Farm Bill a doublé les financements pour les mesures de conservation, à quelque 40 milliards de dollars sur dix ans (...)
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« Je soutiens totalement le financement des programmes de conservation créés par le Farm Bill. Le Conservation Security Program est autorisé de 2003 jusqu’à 2007 pour récompenser les services fournis et inciter à prendre en compte les problèmes de ressources sur les terres agricoles».
... et ouverture des marchés des pays tiers
– « Comment votre administration fera-t-elle (...) pour que l’agriculture ressente les bénéfices des accords de libre-échange?».
George W. Bush. « Je me suis totalement engagé pour l’ouverture des marchés des pays tiers aux agriculteurs et éleveurs américains (...) Nos agriculteurs cultivent un hectare sur trois pour l’exportation, et j’ai œuvré pour offrir de nouvelles opportunités à leurs produits. Mon administration s’est lancée dans une des actions pour l’ouverture des marchés les plus percutantes de l’histoire de notre nation, et nous avons préparé la voie à la réduction et l’élimination des subventions agricoles inéquitables des pays tiers. Parallèlement, nous avons été vigilants et rendu nos partenaires commerciaux redevables des violations commerciales qui font du mal aux agriculteurs américains.
« La Trade Promotion Authority (TPA – pouvoir de négociation accordé au président par le Congrès) est un outil important pour l’ouverture des marchés. La précédente administration avait laissé expirer la TPA, et je me suis battu pour la regagner. Je soutiens fortement le renouvellement de la TPA, qui donne aux Etats-Unis la possibilité d’ouvrir des négociations qui bénéficieront au secteur agricole et alimentaire américain.
« La biotechnologie joue un rôle extrêmement important dans la réduction de l’impact environnemental de l’agriculture et la réponse à apporter à la demande mondiale croissante de nourriture. Pour protéger nos agriculteurs, qui produisent 70 % de l’alimentation biotechnologique mondiale, mon administration s’oppose à l’étiquetage des aliments génétiquement modifiés. Le département de l’agriculture fournit aussi une aide aux exploitants américains qui souhaitent cultiver des produits non modifiés, en particulier pour l’exportation.
« De plus, mon administration a vigoureusement poussé nos partenaires commerciaux à éliminer les interdictions et restrictions sur les produits agricoles génétiquement modifiés qui ignorent la science. Par exemple, nous avons entamé une procédure à l’OMC contre les restrictions non fondées de l’UE sur les importations de produits génétiquement modifiés».