L'équipe du professeur Séralini a publié de nouveau son étude sur la toxicité des OGM et du Round up, le 24 juin. Deux ans après la controverse, la revue « open source » qui a republié l'étude veut relancer le débat.
« DEUX ans après sa première publication, ensuite censurée, l'étude du Pr Séralini est republiée », selon un communiqué du Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (Criigen), le 24 juin. Elle est publiée dans la revue Environmental Sciences Europe du groupe Springer. « Nous avons changé la méthode de traitement statistique », explique Nicolas Defarge, un des auteurs de l'article de l'équipe Séralini. Ce qui expliquerait en partie la publication de l'article retiré de la revue Food and Chemical Toxicology après la controverse de 2012 quant à la fiabilité des travaux présentés. La première publication de l'étude du Pr. Séralini avait été rejetée par un avis défavorable de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail) et de l'Efsa (autorité européenne de sécurité des aliments). La revue qui a décidé de republier l'étude du Pr. Séralini se dit « open source ». Nicolas Defarge explique : « C'est une première dans les études sur la toxicité des OGM. Les données brutes de l'étude sont à disposition des citoyens et des scientifiques ». Néanmoins, la communauté scientifique rappelle que la fiabilité d'une étude scientifique dépend de la revue dans laquelle elle est publiée. Pour mesurer cela, il existe un indicateur : le facteur d'impact qui mesure le nombre de reprises par la communauté scientifique. Autrement dit : plus le facteur d'impact est élevé, plus l'article a été repris et plus la revue est reconnue par la communauté scientifique. A titre d'exemple, la revue Nature a un facteur d'impact de 39 en 2013. Ce chiffre est un des plus élevés. La revue Environmental Sciences Europe n'a pas de facteur d'impact car « la revue est trop jeune », selon le Criigen. Par ailleurs, selon le directeur de recherche au CNRS Marcel Kuntz, la revue en question publie majoritairement des articles anti-OGM. Il remet ainsi en question l'objectivité et la crédibilité des travaux du Pr. Séralini.
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Si les travaux du Pr. Séralini sont largement mis en question par les autorités sanitaires et par une partie de la communauté scientifique, l'équipe de Séralini ne reste pas non plus de marbre face aux attaques. La revue (Food and Chemical Toxicology) qui avait retiré en 2012 l'article du Pr. Seralini s'était vue reprochée par celui-ci d'être influencée par l'industrie chimique. « Richard Goodman, ancien salarié de Monsanto, nous avait envoyé une lettre pour contester notre étude. Quelques semaines plus tard, il a intégré le groupe Springer. Et notre article a été retiré de la publication », assure Joël Spiroux. Si le débat sur les OGM animent toujours les échanges… il n'est plus vraiment de nature scientifique, d'un côté comme de l'autre.