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Sécurité sanitaire Le programme de l’Anses se focalise sur l’agriculture

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L’agence de la sécurité sanitaire va se pencher de façon importante sur l’agriculture en cette année 2011. L’Anses ou Agence nationale de sécurité sanitaire alimentation, environnement et travail est le fruit du regroupement de l’Afssa (sécurité des aliments) et de l’Affset (sécurité au travail).

Le 10 février, le directeur général de l’Anses, Marc Mortureux, annonçait les grandes lignes du planning de travail pour l’année qui s’ouvre. L’agriculture est au premier rang. Un gros programme sera consacré à l’exposition des agriculteurs aux pesticides. S’ils sont souvent décriés par les écologistes, les pesticides représentent d’abord un risque pour les agriculteurs eux-mêmes car ils les manipulent. Le sujet est maintenant étudié par quelques organismes comme la MSA ou l’Inserm (recherche médicale) mais il manque un travail plus global. Usant de sa double casquette de contrôleur des produits et du travail, l’Anses va tenter d’y voir plus clair sur les risques d’ici 2012. Un groupe d’expert sera constitué pour lequel un appel à candidature va être ouvert.

Evaluer les moyens de protection

Le travail de l’Anses concernera aussi la question des moyens de protection utilisés par les agriculteurs. Il s’agit d’évaluer l’efficacité des vêtements et équipements de protection individuels commercialisés. L’agence procèdera à des comparaisons de dispositifs présents sur le marché.
Autre dossier lourd, celui des perturbateurs endocriniens, ces substances chimiques qu’on retrouve dans l’eau notamment et qui provoquent des perturbations de nature hormonale souvent. L’agriculture est considérée comme une source de pollution et l’Anses veut en être sûre. Le travail de l’agence consistera à hiérarchiser les substances à étudier en priorité, à identifier les produits susceptibles d’être perturbateurs, de quantifier les voies d’exposition de la population et de faire une analyse risque-bénéfice des produits en question.

Examiner les pratiques dans les élevages

Troisième sujet, l’anti-biorésistance c’est-à-dire la résistance croissante des hommes aux antibiotiques. Elle serait largement due au fait d’ingérer à petites doses des résidus d’antibiotiques déversés dans la nature. L’élevage est très concerné. « On veut examiner si des pratiques dans les élevages ont un effet sur l’anti-biorésistance », confie Marc Mortureux. Il ne s’agit pas pour autant d’envoyer des gendarmes dans les exploitations pour relever les pratiques. Le rôle de l’Anses est essentiellement de constater des risques, d’en informer les pouvoirs publics qui, eux, ont à prendre les mesures nécessaires. L’Anses travail d’ailleurs surtout sur la base de tout ce qui a été écrit sur un sujet donné. Cependant, l’Europe vient de lui confier une mission d’observation de la mortalité des abeilles. Il s’agit d’observation directe sur un sujet non dénué de polémiques. Le rôle de l’Anses est d’être chef de file de l’ensemble des laboratoires chargés de cette question ainsi que de proposer les méthodes d’analyse les plus pertinentes.
Enfin, l’Anses travaillera sur l’ensemble des contaminants susceptibles d’être présents dans l’alimentation, depuis la fourche jusqu’à la fourchette, selon l’intitulé de sa méthode d’analyse. Une nouvelle campagne d’analyse dite « étude de l’alimentation totale » sera conduite afin de déterminer la présence de métaux lourds, résidus de pesticides, mycotoxines dans les aliments transformés ou simplement lavés, épluchés ou cuits.

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