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Aide aux démunis Le programme européen alimentaire quasiment enterré

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Malgré les appels vibrants lancés lors du Conseil agricole, le 20 octobre à Luxembourg, par de nombreux Etats membres, la présidence polonaise de l’UE et le commissaire à l’agriculture, Dacian Ciolos, la proposition de la Commission européenne visant à poursuivre, dans la limite d’un plafond annuel de 500 millions d’euros, le programme d’aide alimentaire en faveur des démunis en 2012 et 2013 s’est une nouvelle fois heurtée à l’opposition de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de la Suède, du Danemark, des Pays-Bas et de la République tchèque qui forment une minorité de blocage. Bien que ces pays n’aient fait preuve d’aucune ouverture, la présidence polonaise n’entend pas pour autant jeter l’éponge

Faute d’accord sur la proposition de la Commission, le programme européen d'aide aux démunis, dont bénéficient quelque 18 millions de personnes, passera de quelque 500 millions en 2011 à 113,5 millions d’euros l’an prochain et plus aucun crédit ne devrait être disponible en 2013. « Il n’est pas possible de laisser tomber ce programme sans prévoir une période de transition, comme cela se fait toujours dans le cadre de la Pac», a expliqué M. Ciolos. Les vingt Etats membres qui profitent de ce programme ont le droit de se projeter sur le moyen terme, a-t-il fait valoir. « Tous les arguments, politiques, sociaux, moraux, administratifs » plaident, selon lui, pour le maintien de ces programmes. « Je ne peux pas accepter que l’UE soit montrée du doigt », s’est indigné M. Ciolos, et de nombreux Etats membres ont eu des mots très durs.

« Incompréhensible »

« Une intransigeance incompréhensible », a déploré Bruno Le Maire. Le ministre français de l’agriculture a indiqué qu’en dernier ressort la France maintiendrait les crédits en faveur des banques alimentaires en puisant sur les crédits nationaux mais que d’autres pays, notamment la Grèce, l’Espagne, la Grèce et l’Italie n’auront peut-être pas les moyens de le faire.
L’Italie, après avoir rappelé le large soutien du Parlement européen à cette action humanitaire, a fait valoir que les crédits de 500 millions étaient programmés dans le budget européen. L’Espagne, de son côté, a souligné que, dans le cadre du Farm Bill, les Américains avaient régulièrement recours à des actions d’aide alimentaire.
Ce concert d’indignations n’a en rien entamé la détermination des six pays opposés à la poursuite de cette mesure. La Suède a quelque peu dédaigné l’initiative de la Commission en faisant valoir que la nouvelle proposition prévoyant une double base juridique (agricole et sociale) ne faisait que renforcer sa conviction de dire « non ». La République tchèque, le seul Etat membre qui avait preuve d’une certaine ouverture lors du Conseil agricole de septembre dernier, a laissé peu d’espoir sur le maintien de ce programme. « Je suis obligé de dire non. Nous restons convaincus que dans le domaine social, ce sont les Etats membres qui doivent intervenir », a-t-il fait valoir.

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