La Commission européenne devrait adopter le 14 juillet une communication sur la réforme du marché du sucre en vue de sa transmission au Conseil des ministres de l’UE et au Parlement européen. Le projet que Franz Fischler, le commissaire à l’agriculture, prévoit de soumettre à ses collègues le 14 juillet a été détaillé fin juin par Agra Presse .
Le projet de M. Fischler prévoit d’appliquer les dispositions suivantes à partir de la campagne 2005/06 : une réduction d’un tiers du prix de soutien du sucre au sein de l’UE, l’abolition du système d’intervention, l’octroi d’une compensation partielle aux producteurs intégrée dans le paiement unique à l’exploitation, la fusion des actuels quotas A et B dans un seul quota et son alignement sur la consommation, le maintien des dispositions actuelles pour le sucre C.
Selon ce projet, la restructuration du secteur sera accompagnée par l’introduction de la transférabilité des quotas entre les Etats-membres et d’un programme de conversion pour l’industrie sucrière. Compte tenu des incertitudes prévalent sur le marché mondial, M. Fischler préconise que les niveaux des prix et des quotas de la réforme proposée soient révisés en 2008.
Les craintes des autorités mauriciennes
Le vice-premier ministre de l’ile Maurice, Pravind Jugnauth, devait s’entretenir le 8 juillet à Vienne avec M Fischler du projet de réduction du prix garanti offert par l’UE pour le sucre produit par les pays ACP. Les autorités mauriciennes estiment qu’une baisse de 37 % du prix garanti par l’UE coûterait 100 millions d’euros par an à l’industrie sucrière de l’île.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Le Premier ministre mauricien, Paul Bérenger, a écrit au président français Jacques Chirac et au chancelier allemand Gerhard Schröeder afin de solliciter leur soutien en faveur des pays ACP producteurs de sucre.
« C’est une question de vie et de mort pour les pays ACP. On ne peut sous-estimer la gravité de la situation », a expliqué le dirigeant mauricien à la presse. « Il s’agit de tout faire pour changer ce qu’il y a dans le document que doit présenter Franz Fischler à la commission européenne le 14 juillet ». « Nous voulons que la baisse du prix européen du sucre soit le plus faible possible, que le délai d’application des mesures préconisées par la commission européenne soit le plus long possible, et qu’une vraie compensation soit accordée au pays pour n’importe quelle baisse de prix ».
Par ailleurs, les pays du G90, qui regroupent les pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique), ceux de l’Union africaine (UA) et les Pays les moins avancés (PMA) souhaitent que l’UE leur fournisse des compensations pour les pertes qu’ils s’attendent à subir avec la future réforme européenne du sucre.