La commissaire à la santé, Androulla Vassiliou, a choisi de traîner les pieds autant que possible pour éviter de présenter, d’ici à la fin de son mandat, une proposition en bonne et due forme visant à faciliter l’importation des produits agricoles, lorsqu’ils sont contaminés à très faible dose par des OGM non autorisés, comme le lui réclame le président de l’exécutif européen, José Manuel Barroso. Ses services restent plus qu’évasifs sur l’avancement de ce projet, dont la présentation était programmée en juin dernier.
Malgré leur mobilisation tous azimuts, importateurs, fabricants d’aliments pour animaux et industriels de l’agroalimentaire européens ne sont pour le moment pas parvenus à obtenir un assouplissement des contrôles imposés par l’Union pour éviter l’arrivée sur le marché communautaire d’OGM non autorisés, même lorsqu’il s’agit de très petites traces. Lors d’une réunion du Comité consultatif sur les biotechnologies convoquée fin décembre par les services de la Commission européenne, en présence des habituelles organisations professionnelles, mais aussi de représentants américains et argentins, Bruxelles n’a pas enterré l’idée. Bien que l’actuelle commissaire à la santé, Androulla Vassiliou, soit peu empressée de la voir aboutir.
Lignes directrices sur l’échantillonnage et la détection
Les experts européens ont précisé qu’une solution était toujours en phase d’étude et de consultation interne. Elle pourrait prendre la forme de lignes directrices d’ordre technique sur l’échantillonnage et les méthodes d’analyse menée aux frontières de l’Union. Un critère de performance pourrait par exemple être fixé à 0,1%. Toutefois, la question de savoir si les contrôles seraient assouplis tant pour les aliments pour animaux que pour les denrées alimentaires n’est, selon eux, pas tranchée.
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Vote sur le colza T45
Par ailleurs, les ministres européens de l’agriculture seront consultés, le 19 janvier prochain, sur la commercialisation de deux nouveaux OGM, un colza et une fleur (la mise en culture restant exclue à ce stade). Il s’agit plus précisément du colza T45 dont l’utilisation a été arrêtée en 2005. Cette décision ne vise donc « qu’à couvrir la présence de colza T45 résultant de sa mise en culture antérieure dans des pays tiers », explique la Commission. Est aussi concerné un œillet, modifié pour changer la couleur de sa fleur afin qu’elle devienne bleue.
Bientôt un maïs résistant à la sécheresse ?
De son côté, la firme américaine Monsanto a, une nouvelle fois, annoncé, le 7 janvier, être sur le point de commercialiser un maïs OGM résistant à la sécheresse. Cette mise sur le marché pourrait intervenir « au début des années 2010 », a-t-elle précisé. Cet OGM, développé en collaboration avec l’allemand BASF, a été soumis aux autorités sanitaires américaines. « Le maïs résistant à la sécheresse est conçu pour fournir aux agriculteurs une stabilité des rendements dans les périodes où l’approvisionnement en eau est restreint en atténuant les effets du manque d’eau », explique Monsanto. « Les essais en plein champ de ce maïs réalisé l’année dernière dans les plaines du Midwest ont atteint ou dépassé la cible de l’amélioration de 6 à 10% des rendements, soit 7 à 10 boisseaux par acre, au-delà du rendement moyen de 70 à 130 boisseaux par acre », précise-t-elle.