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Le projet Macron à la loupe des OPA

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Des organisations professionnelles agricoles (OPA) ont réagi le 11 mai au projet présidentiel d’Emmanuel Macron, lors d’une table ronde au congrès de la CNMCCA (mutualité, coopération et crédit agricoles). Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, Jérémy Decerle, président de JA, Pascal Ferey, secrétaire général de l’APCA, commentent les propositions du nouveau chef d’État.

- Un nouveau pacte social entre les agriculteurs et la société

Jérémy Decerle : « C’est une des idées de notre rapport d’orientation 2016. » Le patron de JA insiste pour « mieux communiquer sur le métier, redire ce que l’on fait de bien ». Le préalable posé par Christiane Lambert est d’avoir « des hommes politiques courageux » qui dénoncent les associations à l’origine de l’incendie de la ferme des 1 000 veaux, ou encore de l’envahissement d’un abattoir. Elle rappelle aussi l’affaire Sivens, tacle les hommes politiques qui appellent à créer un secrétariat d’État à la condition animale tout en délaissant les migrants.

- Le premier défi est celui de la compétitivité

« L’agriculture est un peu en panne de compétitivité », concède Christiane Lambert. Et de remettre en cause le principe de précaution qui « bride l’investissement, la foi en l’avenir ». Le plan d’investissement de 5 Mrd d’euros promis par Macron « doit donner du souffle à notre agriculture », considère-t-elle. Satisfecit aussi sur la promesse visant à faciliter la création de réserves d’eau. Mais Christiane Lambert insiste sur la nécessaire baisse des charges sociales, critique le dogme des hommes politiques sur les prix bas pour défendre le pouvoir d’achat.

- Des Etats généraux de l’alimentation

« C’est une bonne idée », défend Christiane Lambert. Face à des consommateurs plus exigeants, dont la demande porte sur du local, de l’éthique… « on sait faire » mais un « retour de valeur » est indispensable pour l’agriculteur, soutient-elle.

– L'accès à une indemnisation chômage

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Chambres d'agriculture France
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Pascal Ferey : « L’idée est généreuse, intéressante, encore faut-il l’anoblir ». Pour lui, un autre regard doit être porté en France sur la réussite et l’échec. Faire accepter l’indemnisation chômage nécessitera « une autre pédagogie » chez les conseillers des OPA. Christiane Lambert admet le besoin d’accompagner la reconversion d’agriculteurs : « Certains ont envie de jeter l’éponge ». Jérémy Decerle souligne de son côté l’importance de « ne plus perdre de paysans ».

- Concilier excellence agricole et excellence environnementale

Christiane Lambert répond que l’« agriculture est en mouvement », intègre les problématiques environnementales : « De plus en plus de cahiers des charges portent sur le RSE, le lait à l’herbe… » S’il y a rejet des agriculteurs, c’est la faute à « une réglementation trop zélée ». Pascal Ferey insiste pour « remettre au cœur la recherche, le développement et l’innovation ».

- Pour une Europe qui protège

Christiane Lambert affirme le besoin d’outils nouveaux, notamment des assurances climatiques, sanitaires, économiques, de protections sanitaires, pour que la France n’ait pas à subir la concurrence de pays dont la production ne répond pas aux mêmes règles.

- Un droit à l’erreur appliqué par l’administration

Pascal Ferey salue une bonne initiative : « Qui ne fait pas d’erreur ? », a-t-il lancé soulignant le « stress permanent » des agriculteurs face aux tâches administratives.