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CIAA Le rapport annuel pointe les initiatives-clé et les défis à venir

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Comme on le sait la volatilité des prix agricoles et alimentaires ainsi que les déséquilibres au sein de la chaîne d’approvisionnement alimentaire ont marqué l’année 2009. Dans son rapport annuel de 2009, la Confédération des industries agroalimentaires de l’UE (CIAA) n’a pas manqué de revenir sur ces deux éléments majeurs en soulignant les initiatives que l’industrie a prises pour contribuer à apporter ses propres solutions.

Dans son rapport annuel 2009 qu’elle vient de publier, la Confédération européenne des industries agroalimentaires se félicite que ses analyses sur la crise entraînée par la volatilité des prix agricoles et alimentaires ont, grosso modo, rejoint celles des services de la Commission européenne. Suite à la chute des prix des produits agricoles de base observée en 2008 et 2009 alors que les prix des denrées alimentaires à la consommation restaient à un niveau élevé, la Commission européenne s’est posée des questions quant aux performances de ce secteur essentiel de l’économie européenne qu’est l’agroalimentaire et a de ce fait lancé une analyse du fonctionnement de la filière agroalimentaire ainsi qu’un suivi de l’évolution des prix alimentaires.

Surveiller les dysfonctionnements de la chaîne d’approvisionnement alimentaire
En octobre 2009, elle a présenté une communication, Pour un meilleur fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement alimentaire en Europe, qui a énoncé une dizaine de recommandations visant à améliorer les relations au sein de la chaîne d’approvisionnement alimentaire, à accroître la transparence et à améliorer les niveaux de l’harmonisation dans le marché unique. Communication qui a été suivie par la publication d’un « instrument européen de surveillance des prix des denrées alimentaires- première version », un document dans lequel la Commission invite les États membres à mettre en place des services de comparaison des prix des denrées alimentaires. Elle a également proposé d’examiner les possibilités d’améliorer le pouvoir de négociation des agriculteurs, notamment par la création d’organisations de producteurs. Dans l’attente du rapport sur l’état d’avancement de ses propositions que la Commission compte présenter en novembre 2010, la CIAA s’est engagée à « continuer à surveiller l’évolution des relations au sein de la chaîne d’approvisionnement alimentaire dans tous les États membres de l’UE, y compris en ce qui concerne la prolifération des pratiques commerciales déloyales et l’utilisation accrue des labels privés ».

Faire adopter le système des Repères Nutritionnels Journaliers
Concernant la proposition de règlement visant à réviser la règlementation existante en matière d’information des consommateurs sur les denrées alimentaires, y compris les règles sur l’étiquetage nutritionnel, le rapport 2009 de la CIAA salue notamment l’appui de la Commission européenne à son système d’étiquetage nutritionnel volontaire (1) des « Repères Nutritionnels Journaliers » (RNJ) plus connu sous son appellation anglaise « GDA » (Guidelines Daily Amounts), qu’elle s’est efforcée jusqu’à présent de populariser auprès du Conseil des ministres et des parlementaires européens par le biais d’un lobbying tous azimuts. La Confédération estime que dans les prochaines étapes législatives, l’un des principaux défis sera de parvenir à l’échelle européenne à faire accepter ce système d’étiquetage volontaire des RNJ/GDA qu’elle qualifie de « système fiable et objectif d’information nutritionnelle ». Trouver des solutions acceptables par rapport à un certain nombre d’autres préoccupations, notamment la lisibilité des étiquettes et la mention du pays d’origine sera également, souligne la CIAA, « un élément clé pour assurer une règlementation équilibrée, laquelle garantirait la libre circulation des marchandises, tout en protégeant l’intérêt légitime des producteurs et en permettant aux consommateurs de faire des choix éclairés ».

Pour une approche cohérente sur les profils nutritionnels
L’année 2009 a également été marquée par la publication d’un premier lot d’avis de l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (AESA) sur une série de demandes d’autorisation d’allégations nutritionnelles et de santé. Sur ce dossier très sensible, la CIAA a engagé un dialogue avec les services de la Commission européenne pour s’assurer notamment, qu’en ce qui concerne les profils nutritionnels (2), « une approche cohérente soit appliquée à toutes les catégories de produits et que l’approche qui serait proposée soit aussi complète que possible ». La CIAA considère aussi que les avis de l’AESA sur les allégations nutritionnelles et de santé au titre de l’article 13 du règlement 1924/2006 (3) devraient « se refléter aussi correctement que possible dans les prochaines propositions de la Commission européenne ».

Reformulation des produits alimentaires
Dans le cadre des initiatives des Etats membres visant à réduire la consommation de sel au niveau de la population et à répondre aux recommandations de l’OMS en la matière, les « 27 » ont décidé à partir d’une liste initiale de 12 catégories de denrées alimentaires, d’en retenir quatre d’entre elles (le pain, les plats préparés, les fromages et les produits à base de viande) considérées comme les principales sources de sel dans l’alimentation. Ils se sont donnés pour objectif de parvenir à une réduction de l’apport de sel de 16% en 4 ans dans ces 4 catégories et de travailler avec l’industrie alimentaire. Dans ce cadre-là, la CIAA s’est engagée à continuer « d’enquêter sur la meilleure façon d’appuyer les efforts de reformulation des produits alimentaires afin d’en réduire les teneurs en sel et d’encourager ses fédérations-membres au niveau national à travailler avec les ministères de la santé pour créer un environnement favorable à de telles initiatives ».

(1) Les RNJ ou GDA indiquent la contribution d’une portion de la denrée alimentaire en termes d’énergie (kcal) et de nutriments-clé par rapport aux repères de consommation journalière d’une personne. 
(2) Constitués de ratios en quantité de certains nutriments et substances présents dans les aliments (sel, sucres, matières grasses), les profils nutritionnels devraient permettre (quand ils seront établis par la Commission) de déterminer quelles sont les denrées alimentaires autorisées à comporter des allégations nutritionnelles et de santé au sein de l’UE.
(3) Les allégations autres que celles faisant référence à la réduction d’un risque de maladie ou se rapportant au développement et à la santé infantiles. Basées sur des données scientifiques généralement acceptées, elles seront énumérées dans une liste positive d’allégations par la Commission.

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