Abonné

UE/Information des consommateurs Le rapport de Renate Sommer met l’industrie laitière mal à l’aise

- - 4 min

« Les résultats du vote du rapport de Renate Sommer ne sont pas favorables à la position de l’industrie laitière. Plusieurs amendements votés par les députés auront des conséquences désastreuses pour l’industrie si ils sont appliqués comme par exemple l’obligation d’étiqueter la présence d’acides gras trans (AGT) sur les étiquettes ». Dans une réaction préliminaire suite au vote des membres de la commission de l’environnement et de la sécurité alimentaire du rapport sur l’information des consommateurs, « European Dairy Association » (EDA), le lobby de l’industrie laitière, ne cache pas son amertume et reconnaît que les actions entreprises auprès des députés européens n’auraient pas été à la hauteur et qu’elles mériteraient des efforts supplémentaires. Pour éclairer la position de l’« European Dairy Association » dans ce dossier, Agra alimentation s’est entretenue avec son Secrétaire général, Joop Kleibeuker (voir ci-après).

Le récent vote (16 mars 2010) sur les quelque 900 amendements du rapport de Renate Sommer (PPE, Allemagne) et sur le rapport final sur l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires n’est pas du goût de l’industrie laitière européenne. La commission de l’Environnement, santé publique et sécurité alimentaire (ENVI) a en effet voté un grand nombre d’amendements allant à l’encontre des intérêts de l’industrie laitière, en dépit des efforts assidus de l’« European Dairy Association », le lobby de l’industrie laitière, auprès des élus européens. Un des amendements votés qui irrite le plus les industriels est notamment celui qui prévoit une mention obligatoire au dos des emballages de la présence d’acides gras trans, soupçonnés – en cas de consommation excessive – d’être associés à une augmentation des risques cardio-vasculaires (1). Si elle se console de voir que les députés ont pris soin de bien faire la distinction entre les acides gras trans d’origine naturelle (créés dans l’estomac des ruminants) et ceux d’origine technologique (synthétisés via des procédés industriels comme l’hydrogénation des huiles végétales), l’European Dairy Association n’en décolère pas. Elle s’insurge aussi à propos du vote de l’amendement prévoyant la mention obligatoire du pays d’origine ou du lieu de provenance des produits alimentaires, « tous des amendements soutenus notamment par les Socialistes, les Verts et la Gauche Unie », soupçonne EDA.

Quelques points positifs tout de même...
Restent toutefois quelques amendements qui atténuent un tant soit peu l’amertume de l’industrie. Comme par exemple le rejet par les députés, « même si ce n’est que par deux voix seulement d’écart », de l’amendement préconisant un système d’étiquetage obligatoire des denrées alimentaires fondé sur un code de couleur (selon le modèle des feux de circulation: rouge, orange et vert) en fonction de leur valeur nutritive (système que quelques entreprises alimentaires utilisent actuellement pour les produits finis et semi-finis de grande consommation). L’industrie se réjouit aussi de la suppression de l’article sur les profils nutritionnels et du rejet de l’amendement prévoyant l’obligation d’utiliser une police de caractère de 3mm minimum pour favoriser la lisibilité des étiquettes.
EDA prévient que si d’aventure les amendements contrariant les intérêts de l’industrie laitière venaient à passer le cap du Parlement européen -en particulier la question de la mention obligatoire des AGT, la mention obligatoire du pays d’origine des produits et le maintien des législations nationales en matière d’étiquetage- cela « aurait des conséquences désastreuses pour l’industrie si ceux-ci sont appliqués tels que proposés par la commission de l’environnement du PE ». EDA se promet d’analyser en profondeur les dispositions du rapport Sommer et s’engage à élaborer « une stratégie de lobbying plus offensive en vue du vote en première lecture lors de la session plénière du PE de mai prochain ».

(1) Selon l’AFSSA, une consommation excessive d’acides gras trans (AGT) (apports supérieurs à 2 % de l’apport énergétique total) est associée à une augmentation du risque cardio-vasculaire. Cependant aucune augmentation du risque cardio-vasculaire n’a été mise en évidence avec la consommation d’AGT d’origine naturelle, aux niveaux de consommation actuellement constatés en France.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

industrie
Suivi
Suivre
sécurité
Suivi
Suivre