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Etonnante l’affaire Doux. À voir les réactions sur le terrain, celui qui la découvre pourrait avoir l’impression que c’est le rat des villes, emmené par le fonds financier Sofiprotéol, qui veut prendre en main l’avenir de la société Doux, face au rat des champs, la famille Doux, bien établie et reconnue en Bretagne, voulant continuer à gérer son entreprise familiale. Une situation où la sympathie, en général, va plutôt vers ce rat des champs. C’est bien ainsi que réagissent certains élus locaux et qu’ont été tentés des éleveurs.
Pourtant, la réalité révèle bien le contraire. Derrière le « rat des villes », on compte une demi-douzaine au moins de sociétés de l’ouest du pays, de Terrena à la Cavac en passant par Glon-Sanders et LDC. Du côté du « rat des champs » il faut plutôt voir la Barclays – c’est même de Londres qu’il faut mieux parler que de Paris –, voire un groupe saoudien qui se profilent. Mieux encore, les stratégies annoncées vont dans le même sens. D’un côté, celui de l’offre Sofiprotéol, une stratégie qui tempère les exportations hors Union européenne pour les réorienter vers la France ou l’Europe. De l’autre, une stratégie, celle des Doux, qui veut maximiser la « grande exportation ».
Dans la fable de La Fontaine, le rat des villes invite le rat des champs « D’une façon fort civile À des reliefs d’ortolans »
On n’en est pas là. Mais la morale de l’histoire est que le repas en ville est perturbé. « Quelqu’un troubla la fête ». Le rat des champs, le vrai, se flatte au contraire de pouvoir « manger tout à loisir » faisant « Fi du plaisir Que la crainte peut corrompre ».
La vie est plus sereine avec le rat des champs. Mais le vrai, qui n’est pas celui qu’on croit.
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