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Social Le regard de l'autre peut freiner le changement de pratiques agricoles

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Les agriculteurs ont du mal à changer de pratiques par peur du regard du voisin. C'est un réel frein à la lutte agricole contre le changement climatique, a-t-on appris au cours de la conférence « Agriculteurs et changement climatique » à Paris, le 1er juillet.

« Tous les agriculteurs observent un changement climatique », a souligné Bertille Thareau, sociologue au laboratoire de recherche économique et sociale de l'ESA d'Angers, lors d'une conférence sur l'agriculture et le climat organisé par l'Afja (journalistes agricoles) et l'APCA (chambres d'agriculture) à Paris, le 1er juillet. Les divergences portent sur le « déni » (ou non) de ce changement. La sociologue analyse les réactions des agriculteurs. Certains répondent : « On n'est pas responsable. Que peut-on y faire ? On est impuissant ». Ce déni du changement climatique est peu étudié en France et encore moins en agriculture. Mais ce comportement existe. D'autres agriculteurs veulent s'engager dans un changement, mais le regard de leurs homologues peut être un réel frein à l'adoption de nouvelles pratiques agricoles. L'agriculteur qui veut évoluer vers des pratiques pour lutter davantage contre le changement climatique s'expose au regard de ceux qui n'évoluent pas. « On ne parle pas de ces choses-là (émissions de gaz à effet de serre, ndlr) avec les voisins. Pas encore... », sourit Dominique Bordeau, agriculteur en Mayenne sur une ferme innovante face au changement climatique. Car les scientifiques imaginent déjà mesurer les efforts climatiques sur les fermes agricoles. Les professionnels espèrent davantage. « Il faudrait rémunérer les actions climat », ajoute Arnaud Descotes, responsable environnement du Comité interprofessionnel du vin de Champagne.

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Loin de généraliser les blocages sur le changement de modèle agricole, la sociologue rappelle également qu'une des priorités pour l'agriculture est la suivante : « Les agriculteurs font déjà des choses bien pour le climat. Mais ils ne le savent pas assez. Il faut davantage communiquer ».