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Vins bio Le réglement « vinification » fait débat en France

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Le réglement « vinification bio » qui a été examiné les 19 et 20 octobre à Bruxelles par le Comité permament de l’agriculture biologique continue à faire débat en France. Les Vignerons indépendants de France ont fait savoir qu’ils souhaitent des règles respectant la naturalité du produit. La Fnab est plus ouverte à l’utilisation de procédés physiques permettant d’éviter les intrants chimiques.

Les Vignerons indépendants de France (VIF) ont réagi au projet de réglement de vinification bio examiné à Bruxelles. Ils relèvent dans un communiqué que le projet autorise des procédés industriels susceptibles de dénaturer le vin tels que la thermovinification, les résines échangeuses d’ions et l’osmose inverse mais seulement juqu’en 2016.
« Cette position traduit une incohérence de fond et revient in fine à les autoriser toutes : soit le fait de chauffer un vin à 65° (thermovinification) ou d’enrichir un moût en retenant les matières organiques naturelles (osmose inverse) ne sont pas contraires à l’esprit et à la lettre de l’agriculture biologique et alors il n’y a aucune raison de les interdire en 2016. Soit ces pratiques détruisent les matières vivantes naturelles du vin et elles doivent, dès 2010, être prohibées », écrivent les VIF.

Dioxyde de souffre : les discussions se poursuivent
La Fnab, qui a participé aux discussions sur le sujet avec l’INAO, admet certains procédés plutôt que l’usage d’intrants chimiques ou celui d’OGM dans les cuves, tout en précisant que ces procédés doivent être encadrés et réservés à des événements particuliers. Ainsi, la thermovinification permet d’éviter de recourir à des intrants pour éliminer des micro-organismes qui peuvent altérer le goût du vin. L’osmose inverse peut être utilisée pour les moûts dilués par de fortes pluies avant vendanges, notamment sous climat océanique, afin d’éliminer une partie de l’eau. Quant aux résines échangeuses d’ions, elles ne devraient pas être autorisées en vinification mais seulement sur les moûts rectifiés concentrés.
Autre pierre d’achoppement : le dioxyde de soufre utilisé pour la conservation des vins blancs surtout. Le réglement vinification bio imposera de toute évidence une réduction des valeurs utilisées mais la hauteur de cette réduction est encore en discussion, les pays du Nord et ceux du Sud n’ayant pas les mêmes positions. La Fnab est favorable a une réduction immédiate de 20% (par rapport aux valeurs de la vinification conventionnelle) et de 30% d’ici 4 ans.
La Commission européenne semble vouloir mener tambour battant la finalisation de ce réglement. Une autre réunion est prévue dans une semaine.

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