Le commerce agroalimentaire de l'UE attend beaucoup de la modernisation de l'accord de libre-échange entre l'UE et le Mexique annoncée par les deux parties pour, souligne Bruxelles, le mettre au même niveau que celui conclu avec le Canada et celui en cours de négociation avec les États-Unis.
La commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, et le secrétaire mexicain l'économie, Guajardo Villarreal, ont annoncé, à l'issue d'une rencontre le 11 mai à Bruxelles, leur intention de moderniser l'accord de libre-échange UE-Mexique, qui est en vigueur depuis 2000. Pour l'Union, l'objectif est d'en faire un accord semblable à celui négocié avec le Canada et celui en projet avec les États-Unis, a indiqué la commissaire européenne. « Je demanderai un mandat au Conseil pour lancer des négociations cette année et nous préparerons le terrain pour le sommet (bilatéral) du 12 juin prochain », a-t-elle précisé.
« Intérêts offensifs »
« L'UE a de nombreux intérêts offensifs, notamment dans les secteurs du lait, de la viande et du vin, et les négociateurs européens devraient rechercher une libéralisation douanière ambitieuse pour ces produits, ainsi qu'un niveau de protection élevé pour les indications géographiques », a réagi le Comité de liaison européen du commerce agricole et agroalimentaire (Celcaa) à l'annonce du projet de mise à jour de l'accord commercial euro-mexicain, dont il se félicite.
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Les droits de douane appliqués par le Mexique sur les produits laitiers (de 60 à 75 % pour le fromage et les poudres de lait) et sur la viande (carcasses, demi-carcasses et découpes bovines) sont particulièrement visés par le commerce européen, celui-ci estimant que « l'UE devrait obtenir un accès à ce marché au moins équivalent à celui offert au Canada et aux États-Unis sur la base de l'accord de libre-échange nord-américain (Alena) ».
Le Celcaa juge nécessaire, parallèlement, de continuer à considérer les ovoproduits comme des produits « sensibles » pour l'UE, c'est-à-dire protégés, compte tenu de l'impact des normes européennes élevées de protection des animaux et de l'environnement sur les coûts de production.
Il faut aussi s'attaquer aux barrières non tarifaires (mesures sanitaires et phytosanitaires et autres) imposées par le Mexique, souligne enfin le commerce européen, estimant que le renouvellement de l'accord commercial avec ce pays « ouvrirait la voie à la révision des accords de libre-échange existants et à de nouveaux accords avec l'ensemble des pays d'Amérique du Sud ».