60 millions de consommateurs et la Fondation Danielle Mitterand ont évoqué un réseau de distribution d'eau « vieillissant », en milieu rural plus qu'en milieu urbain.
«SI les villes ont des taux de fuites d'eau aussi élevés, c'est pire en milieu rural », a déclaré Emmanuel Poilâne, directeur de la Fondation Danielle Mitterand France Libertés, à Paris, le 20 mars. La Fondation et 60 millions de consommateurs présentaient les résultats de l'opération transparence « Eau : le grand gaspillage, palmarès des fuites dans les 101 préfectures ». Deux préfectures sur trois n'atteignent pas l'objectif national fixé par la loi Grenelle II de 2010, visant à limiter le taux de fuites à 15% de l'eau produite. En France, 850 000 kilomètres de canalisations permettent d'acheminer l'eau jusqu'aux robinets des consommateurs. « Les pertes d'eau liées aux fuites ont des conséquences sur les factures des Français », rappelle Emmanuel Poilâne. Au-delà des fuites, Thomas Laurenceau, rédacteur en chef de 60 millions de consommateurs, a rappelé que « la vieillesse » des canalisations pose des problèmes qualitatifs, particulièrement en milieu rural où les installations en PVC peuvent, selon les régions, dater des années 1970. « Ces canalisations doivent être changées en priorité, mais on ne sait même pas les localiser », déplore-t-il. En milieu rural, ce sont parfois des milliers de kilomètres de canalisations qui doivent être rénovées pour alimenter des petites structures. « Est-ce obligatoire de renouveler le réseau pour une ferme située à 5 kilomètres de la commune ? ». Ce type de questions commence à remonter auprès de la FNCCR (services publics locaux de l'énergie, de l'eau et de l'environnement), rapporte Emmanuel Poilâne.
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Le coût de la rénovation du réseau national est estimé à 2 milliards d'euros par an. Pour l'heure, les investissements sont situés entre 0,7 et 0,8 milliard d'euros. Emmanuel Poilâne rappelle que « plus on tarde, plus la facture sera lourde ». Mais les investissements relèvent du budget des municipalités qui n'y voient pas systématiquement une priorité. L'étude met en exergue l'exemple positif de la Vendée. « La mutualisation des moyens de 277 communes du département a permis de lancer un plan de renouvellement du réseau d'eau potable, sans augmentation du prix de l'eau », souligne Thomas Laurenceau. La coopération de ces communes même permis d'harmoniser le prix de l'eau au mètre cube, « ce qui avantage les communes pauvres qui devraient, sinon, facturer plus aux usagers ».