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Fonds européen Le Réseau rural français craint un accaparement de l’essentiel du Feader

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Restera-t-il des fonds du Feader pour le développement rural ? C’est la grande inquiétude qui s’est dégagée le 27 novembre du séminaire national organisé par le Réseau rural français, à Dijon. Ces membres craignent l’accaparement par le monde agricole de ce fonds européen.

«Y aura-t-il assez de sous pour autre chose que de “l’agricolo-agricole”, pour notamment financer nos actions de développement local? », ont interrogé bon nombre de participants au séminaire national du Réseau rural français qui a réuni les 26 et 27 novembre, à Dijon, près de 500 personnes. Le Fonds européen agricole pour le développement rural fait débat auprès des acteurs des territoires ruraux. Mais Luc Maurer, conseiller technique du ministre de l’Agriculture, l’a assuré ce 27 novembre : « Oui, il y a de la marge et en plus, il y en aura davantage qu’aujourd’hui », évaluant les crédits dédiés de demain à 530 millions d’euros au lieu des 316 millions d’euros aujourd’hui. « Il ne faut pas opposer le développement rural et l’agriculture », a-t-il poursuivi. « À chaque fois, nous avons retenu des clés objectives, puis nous avons regardé le Feader, et ensuite réparti l’enveloppe entre les régions ». Détaillant le calcul, Luc Maurer a rappelé qu’un certain nombre de mesures devaient être financées partout de la même façon. C’est le cas des ICHN (les mesures de compensation de revenu entre la laine et la zone de montage). « On a trouvé l’argent qu’il fallait et on l’a donné à chaque région ». D’autres mesures accordaient en revanche plus de souplesse : il s’agit de l’installation des jeunes agriculteurs et des mesures agro-environnementales (MAE). « Chaque région va choisir le type de projet qu’elle veut aider plus ou moins, la zone qu’elle veut couvrir, les acteurs qu’elle mobilise, etc.. Nous avons calculé les enveloppes qu’il fallait en Feader et en crédits de l’Etat, puis nous avons réparti l’ensemble entre les régions ». Même calcul pour les mesures relevant du développement rural, a réaffirmé le ministère.
 
René Souchon : « Les régions doivent resserrer leurs priorités »
À cela s’ajoute par ailleurs « le renforcement très significatif du 2e pilier de la Pac, parce que l’on croit que ces mesures qui font du développement rural ont un vrai sens y compris et en premier lieu, en termes de structuration économique », a précisé Luc Maurer. René Souchon, représentant de l’Association des régions de France (ARF), autorité de gestion du Feader, a de son côté rappelé la nécessité pour les régions de faire des choix en matière de développement rural. « Aujourd’hui, les discussions ont abouti pour chacune des régions à une sorte de catalogue de tout ce qui peut se faire ». Mais alors que le Premier ministre devrait signer « début décembre probablement » a-t-il indiqué, la notification des enveloppes pour chaque fonds européen, dont le Feader, « les régions vont devoir resserrer leurs priorités en matière de développement rural », a-t-il prévenu.
Le programme de développement rural (PDR) 2007/2013 a mis en place un Réseau européen de développement rural, décliné par un Réseau national dans chaque Etat membre de l’Union européenne. En France, copiloté par le ministère de l’Agriculture et la Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale (Datar), il réunit des acteurs du monde agricole, de l’agroalimentaire, de l’environnement, des collectivités territoriales, de l’enseignement et de la recherche, des acteurs socio-économiques hors agriculture et agroalimentaire, et les 26 Réseaux ruraux régionaux constitués par les préfets et les présidents de Conseils régionaux.

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