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Le « retour » de l’agronomie est une expression à la mode. Pourquoi parler de retour de l’agronomie ? Aurait-elle fini par quitter les agriculteurs ? Peut-être pas complètement même si certains syndicalistes estiment qu’« avec les facilités données par la chimie nous avons trop délaissé, voire même martyrisé, l’agronomie ». Tels sont les propos de François Lucas, président de la Coordination rurale. Force est de constater qu’avec la flambée des coûts de l’énergie et des intrants que les agriculteurs ont subis ainsi que le durcissement des normes environnementales, le raisonnement agronomique revient en force. Même la politique s’en est mêlée de manière récente. « Remettre l’agronomie au centre de l’agriculture » a été l’un des enjeux défendus par l’ancien ministre de l’Agriculture Michel Barnier. L’objectif est « de remettre le savoir et l’innovation agronomiques au cœur même des pratiques agricoles ». Revenir au basique en quelque sorte après avoir connu l’euphorie de la modernisation des techniques agricoles initiée dans les années 50.
Nostalgie contre modernisme
C’est le propos du documentaire Le temps des grâces de Dominique Marchais dont la sortie nationale est prévue le 10 février, qui présente un regard engagé sur l’agriculture et le rôle des agriculteurs. On n’est pas loin de la nostalgie des acquis perdus notamment en terme de savoir-faire. On peut ainsi se demander si une partie des compétences initiales des producteurs ne s’est pas transférée dans des outils (matériel et intrants) au détriment des compétences agronomiques. Dans Herbe documentaire sorti l’an passé, un éleveur évoquait son système d’exploitation laitière à l’herbe comme « presque une religion » face aux maïs ensilage qui est « une sécurité ». « L’anomalie dans l’histoire multimillénaire de l’agriculture est la scission entre deux agricultures différentes, devenues parallèles destinées à ne jamais se rejoindre » conclut François Lucas. Sauf volonté politique doublée d’un intérêt économique.
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