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Les réactions au retrait du Cruiser OSR sur Colza, confirmé le 29 juin par Stéphane Le Foll, n’ont pas tardé. Gérard Tubéry, président de la Fédération des producteurs d’oléoprotéagineux (Fop), a déploré « une décision clivante », et estimait que la décision du ministre était plus motivée par la sensibilité d’une partie de l’électorat, que sur des faits scientifiques. La Fop aurait ainsi proposé de mener de nouveaux essais, dans des conditions aux champs, pour prouver la nocivité réelle ou supposée du Cruiser OSR. Gérard Tubéry indique par ailleurs que si les effets néfastes du traitement étaient prouvés, la Fop soutiendrait son retrait.
« Un peu moins de la moitié des surfaces en colza en France utilise le Cruiser OSR », explique-t-il.
La fin de son utilisation implique « au minimum un traitement foliaire de rattrapage avec un insecticide pour gérer les attaques de pucerons et d’insectes de début de cycle sur colza », précise Gérard Tubéry.
Sans surprise, le syndicat apicole Unaf s’est, de son côté, félicité, demandant également le retrait du Cruiser 350. Pour la Confédération paysanne, « l’interdiction du Cruiser OSR (sur colza) va dans le bon sens », a indiqué le syndicat dans un communiqué de presse du 1er juillet. Mais il faudrait même aller plus loin : « Le ministre Stéphane Le Foll ne peut s’en tenir là : ce sont tous les insecticides systémiques de la famille des néonicotinoïdes et phényl-pyrazoles (Gaucho, Régent, Cruiser...) qui sont en cause et doivent être interdits ». Pour cela, Stéphane Le Foll devra « s’affranchir du lobby de l’agrochimie très prégnant dans les instances administratives et politiques en charge de l’agriculture ! », prévient le syndicat.
Certes, l’autorisation de mise sur le marché du Cruiser OSR sur colza est désormais retirée, mais les semences enrobées peuvent toujours être commercialisées en Europe, tempérait de son côté François Veillerette, porte-parole de l’association Générations futures, en marge d’une conférence de presse, le 2 juillet à Paris. Il est en effet possible d’importer, dans les pays européens, des semences enrobées avec un produit qui n’a pas d’autorisation de mise sur le marché dans ce pays, s’il est autorisé dans un autre Etat membre.
Dans l’affaire du Cruiser, la Coordination rurale dénonce « le tango du gouvernement, qui fait un pas en avant, un pas en arrière », explique Bernard Lannes, son président. Cette attitude fait douter le syndicat de la bonne application de la procédure de délivrance d’autorisation de mise sur le marché. La Coordination rurale s’inquiète également du retrait de matières actives « s’il ne s’accompagne pas d’efforts sur la recherche semencière publique ». Bernard Lannes dénonçait la mainmise de l’industrie phytopharmaceutique sur les semences.
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