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Le revenu : priorité absolue pour produire une alimentation de qualité, selon les JA

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Produire sain, durable et accessible : oui, mais à condition de tirer un revenu de leur travail, affirment les Jeunes agriculteurs qui ont présenté, à la veille de l’ouverture des États généraux de l’alimentation trois pistes d’action pour parvenir à leur objectif

Pour répondre à toutes les attentes de la société – avoir accès à une alimentation saine, respectueuse de l’environnement et accessible à tous –, il y a une condition préalable, martèlent les Jeunes agriculteurs : il faut rehausser le revenu des agriculteurs qui produisent l’alimentation. Sans ce préalable, le métier d’agriculteur n’attirera pas de jeunes, et sans agriculteurs, pas d’alimentation française. Pourtant, « les vocations ne manquent pas. L’énergie, l’enthousiasme, les compétences sont foison », affirme Jérémy Decerle, président des JA. « Ce qui manque, ce sont les perspectives ».

À l’occasion des États généraux de l’alimentation, les Jeunes agriculteurs ont publié leur programme pour « améliorer le revenu des producteurs », bâti autour de trois axes : « le revenu par l’organisation des filières », « le revenu par la création de valeur ajoutée » et « le revenu sécurisé par des politiques publiques adaptées ».

Filières organisées et contractualisation

Le premier axe, basé sur l’organisation des filières, invite d’abord « à la mise en place et au développement des organisations de producteurs (OP) et des associations d’organisations de producteurs (AOP) ». Pour ce faire, il faudrait notamment revoir le droit de la concurrence, expliquent les JA. Il convient ensuite de « favoriser la contractualisation » pour assurer une visibilité aux agriculteurs. Ce dispositif contractuel, reposerait sur un accord tripartite entre OP, transformateurs et distributeurs et définirait entre autres les volumes, la durée d’engagement et des indications sur les coûts de production et prix de vente. Enfin, dans ces filières organisées, les JA préconisent « des mesures de gestion des marchés » pour éviter les situations de surproduction qui tirent les cours vers le bas.

Des politiques publiques adaptées

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Les JA comptent sur également la puissance publique (axe 3) pour donner un coup de pouce aux agriculteurs. Il lui appartient d’abord de faire réellement respecter les lois existantes, notamment la loi Sapin 2 de 2016 et la LME de 2008. Ils demandent également l’application effective et l’élargissement du dispositif de coefficient multiplicateur qui permet de limiter les marges de chacun des intermédiaires. Créé par une loi de 2005 et applicable dans la filière des fruits et légumes frais, ce dispositif devrait être adapté et appliqué à toutes les filières, affirment les JA. Quant aux politiques européennes, à travers la Pac notamment, elles doivent protéger les agriculteurs européens (fiscalité, lutte contre le dumping social…).

Valoriser la qualité française

À propos de la création de valeur (axe 2), objectif phare des États généraux de l’alimentation, les JA prônent les initiatives qui permettent aux agriculteurs de reprendre la main sur la distribution de leurs produits (vente directe, approvisionnement de la RHD…). Pour mettre en avant le fruit de leur travail, les JA préconisent une meilleure promotion de l’origine France (étiquetage) et l’innovation au service d’une agriculture plus verte.

Une fois toutes ces conditions remplies, les agriculteurs pourront travailler et produire sereinement, en conformité avec les attentes de la société, expliquent les JA qui s’engagent à être « proactifs et constructifs » dans le processus des États généraux. « Nous attendons des autres qu’ils le soient aussi », affirment les JA.

« Favoriser la contractualisation » pour assurer une visibilité aux agriculteurs