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Energies renouvelables Le revers des politiques de certification des biocarburants

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Les objectifs d’incorporation et les politiques de certification de la durabilité des biocarburants ont un effet pervers : une forte augmentation des échanges mondiaux d’éthanol entre les trois principales régions de production et de consommation (Etats-Unis, Brésil, UE), ce qui n’est pas sans conséquences sur les émissions de gaz à effet de serre.

Les politiques environnementales non coordonnées entre les États-Unis, le Brésil mais aussi l’Union européenne, encouragent, entre ces trois grandes régions, le commerce de biocarburants qui sont pourtant physiquement similaires, constate une étude du Centre international pour le commerce et le développement durable. Depuis 2011 notamment, de grandes quantités d’éthanol sont échangées entre le Brésil et les Etats-Unis, un phénomène généralement lié à la saisonnalité de la production, mais dans ce cas (étant donné les proportions qu’il prend) ce sont les règlementations environnementales et les taux d’incorporation obligatoires des deux pays qui semblent l’expliquer. En effet, les modes de calcul des émissions de gaz à effet de serre de ces biocarburants diffèrent d’un pays à l’autre ce qui incite les distributeurs de carburants à incorporer, en partie, des biocarburants importés alors qu’ils pourraient trouver sur leur marché interne un produit identique (mais présentant un bilan carbone différent).
Pour les auteurs de l’étude, cette situation va l’encontre des objectifs affichés de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de l’énergie étant consommée pour le transport des carburants. Autre conséquence : une augmentation des prix payés par les consommateurs. En Europe, la situation pourrait être la même en ce qui concerne le biodiesel, si la comptabilisation des émissions liées au changement d’affectation des sols (1) était mise en place.
Les auteurs suggèrent donc – étant donné que les dispositifs de taux d’incorporation vont perdurer dans les années à venir – de mettre en place un système de certificats de durabilité des productions qui seraient échangeables sur un marché. Ainsi, plutôt que de faire transiter des biocarburants à travers le monde seuls ces certificats s’échangeraient, ce qui permettrait aux pays de mener les politiques énergétiques qu’ils veulent en minimisant leur impact négatif sur l’environnement.

(1) Voir même numéro

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