Décembre 2001 : Buenos Aires se déclare en faillite sur près de 100 milliards de dollars… ! Douze ans après, le pays continue d’en payer le prix. Banni des marchés financiers mondiaux, l’Argentine est de plus en plus isolé sur la scène internationale où sa politique protectionniste l’a transformée en « mouton noir » du commerce mondial. Pays que l’on croyait riche de son avenir, l’Argentine est toujours engluée dans sa dette. Pourtant, des entreprises ont franchi le pas et se sont installées dans un pays où « la gouvernance est parfois difficile à déchiffrer » ! Rencontres avec des observateurs et opérateurs français et argentins à l’occasion d’un voyage d’études organisé par l’Afja (1)
L’Argentine peine dans son développement. Et les Argentins s’impatientent. Même si quelques groupes agroalimentaires français ont tenté l’aventure, envisager une implantation dans ce pays d’Amérique du Sud s’avère souvent fort risqué !
Pays de 40,091 millions d’habitants et d’une superficie 5 fois supérieure à celle de la France, l’Argentine a vu son économie repartir dans les années 1990 grâce à un fort endettement extérieur. Mais la faillite de décembre 2001 marquera un arrêt brutal à son développement.
« Dans les années 1990, l’activité du pays a été poussée par un important endettement extérieur jusqu’à la grande crise de 2001-2002 où l’effondrement de l’économie s’est accompagné d’une sérieuse crise de la dette », souligne Carlos Pincemin, économiste au service économique de l’ambassade de France à Buenos-Aires.
Depuis ce funeste mois de décembre 2001, c’est en grande partie le soja qui sauve l’économie du pays. Il y a intérêt : si le soja n’est que très peu consommé en Argentine, son exportation, notamment en Europe et en Chine, lui rapporte quelque 35% de taxes !
Dans un tel contexte, les producteurs visent le court terme. Ils ont les yeux rivés sur la Bourse de Chicago et calculent leurs futures marges avant de décider des semis ! D’ailleurs, il suffit que le gouvernement diminue les autorisations d’exportation pour que les cours des produits s’effondrent à l’intérieur du pays !
Pour le 5e exportateur agricole mondial, l’instauration d’un tel système de taxes constitue l’un des pivots de son action politique.
Aux portes de la ville de Rosario, le parc d’entreprises s’est métamorphosé. Hier constituée de friches industrielles quasiment à l’abandon, la zone est devenue le parc « High Tech » des industries du futur de la 3e ville d’Argentine.
Parmi ces nouvelles entreprises, celle de Bioceres est facilement repérable !
La jeune pousse, créée en 2001 par 23 agriculteurs, surfe sur les biotechnologies. Les OGM ne sont pas loin, même si face aux journalistes français, les responsables évitent toute allusion directe sur le sujet.
Martin Vazquez, directeur de recherche, présente l’une de ses innovations majeures arrivée au stade de la pré-commercialisation : la production de la Chymosine à partir d’une plante utilisée comme bioréacteur.
« Cette enzyme est présente naturellement dans la présure de veau, utilisée à 80% dans l’industrie fromagère française. Cependant, la France fait exception. Toute l’industrie fromagère mondiale utilise désormais une enzyme artificielle », précise Patricia Miranda, responsable des technologies de la protéine à Bioceres.
C’est à partir de la graine de carthame, dans laquelle on aura introduit un nouveau gène par transgénèse, que l’on peut dès à présent produire de la Chymosine. Cette plante, qui ne concurrence pas la chaîne alimentaire puisque poussant dans des régions sèches, est devenue un véritable bioréacteur naturel. « Il nous revient aujourd’hui d’extraire l’enzyme des graines de carthame. C’est ce que nous faisons actuellement dans notre pilote de Rosario », explique Martin Vazquez, le directeur de recherche.
Bioceres l’affirme : c’est la première fois que l’on arrive à produire de la Chymosine dans des conditions économiquement compétitives.
262 actionnaires, la plupart agriculteurs, sont actuellement actionnaires de Bioceres, entreprise de 110 salariés dont 62 se consacrent à la recherche.
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Superficie totale : 2 791 810 km2
Population : 40 091 359 habitants
Taux de croissance : 7,5% en moyenne de 2003 à 2011, 1,5% en 2012, 3,5% probable en 2013
26e puissance économique mondiale (0,6% du PIB mondial)
3e puissance économique d’Amérique Latine derrière le Brésil et le Mexique
55% des exportations de marchandises sont d’origine agricole
Inflation : officielle : 10%, officieuse : 25%
Chômage (en % de la population active) : 17,3% à 7% de 2002 à 2012
Echanges bilatéraux franco-argentin en 2012 : 1,7Md €
La France est le 2e fournisseur européen de l’Argentine après l’Allemagne