Dans le livre très documenté qu’il vient de publier avec le think tank Saf agr’idées, Pierre Leroy consacre un de ses derniers chapitres au « rôle déclinant du ministère de l’Agriculture ». Ancien haut fonctionnaire et membre de cabinets ministériels, Pierre Leroy sait de quoi il parle. Paradoxalement, l’organisation du ministère est bien aujourd’hui celle qu’a souhaitée Edgar Pisani, le ministre des lois d’orientation agricole et de la construction de la Politique agricole commune. " Pour autant, c’est un ministère qui apparaît sur la défensive », explique Pierre Leroy. Il a d’une part perdu des compétences (la répression des fraudes, la pêche maritime, l’eau, la chasse…) et il doit partager avec les ministères de l’écologie et de la santé une partie de ses attributions. Sur le plan politique, le ministère de l’écologie tient la plupart du temps « le haut du pavé ». « Les agriculteurs ont souvent l’impression que les problèmes agricoles se règlent fréquemment ailleurs que rue de Varenne », insiste Pierre Leroy.
Organismes rationalisés
Les élèves frais émoulus de l’ENA y sont moins souvent attirés. Les effectifs, qui ont plafonné à 35 000 personnes au début des années 2000 ne sont plus que 30 000 dont 13 000 enseignants. Quant aux organismes qui en dépendent, ils ont été fortement rationalisés ou ont même perdu une partie de leurs services. L’Agence unique de paiement a été fusionnée avec le Cnasea (aménagement des structures agricoles) tandis que – Pierre Leroy aurait pu ajouter – les Adasea sont rentrés dans les organisations des chambres d’agriculture. Dans le même sens, les cinq offices agricoles par produits ont été fusionnés au sein de FranceAgriMer.
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L’auteur va plus loin en constatant qu’une partie de la politique agricole est évidemment traitée au niveau de Bruxelles mais surtout en s’interrogeant sur cette politique elle-même. « Face à la mondialisation libérale, on ne peut pas tout demander aux politiques agricoles », écrit-il. Et ceci même si les lois d’orientation agricole ont fait florès. Sujet bien connu des agriculteurs, la régulation des marchés agricoles et la protection aux frontières ont quasi-disparu ce qui rend d’autant plus difficile l’application de politiques d’orientation des productions agricoles.
Histoire de l’agriculture française, de 1867 à nos jours
Par Pierre Leroy, Edité par Saf agr’iDées 368 pages, 32 euros.