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Le roman-feuilleton de l’adoption du Farm bill

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Pourquoi, malgré l’enthousiasme du Congrès à la mi-mai (316 voix favorables contre 108 à la chambre des représentants, 81 contre 15 au Sénat), le Farm bill n’est-il pas encore validé ? Parce que l’administration Bush n’en veut pas. « A un moment où le revenu des agriculteurs atteint des records, il envoie un mauvais message au reste du pays qui ne profite pas du boom du secteur agricole », affirmait Ed Schafer, secrétaire d’état à l’agriculture, le 14 mai.

Le 21 mai, George W Bush a donc posé son veto sur le texte, une menace qu’il brandissait depuis longtemps. « Le Congrès affirme que cette loi augmente de 10 milliards les dépenses, mais le coût réel est plus proche des 20 milliards si vous incluez les dépenses du gouvernement actuel qui vont survenir si cette loi est adoptée », a-t-il notamment affirmé pour expliquer sa décision. Prise au sérieux par les membres du Congrès, cette possible réaction de la présidence avait justifié le vote massif en faveur du texte : une majorité des deux-tiers dans chacune des chambres permet de passer outre le veto présidentiel. C’est « l’override », procédure utilisée une seule fois pendant le second mandat de George W. Bush.

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Le 21 mai, les représentants ont donc voté de nouveau, à l’identique. Les sénateurs devaient récupérer le texte. Sauf qu’une erreur a été découverte dans le document transmis au Président : un chapitre de 34 pages consacré au commerce et à l’aide alimentaire manquait ! Une maladresse qui peut obliger à reprendre la procédure à zéro, repoussant la validation du texte d’une bonne dizaine de jours et obligeant à un nouveau prolongement du Farm bill 2002.

Pendant ce temps, l’administration tente de faire monter la polémique. En milieu de semaine, les critiques se concentraient sur le programme Acre, susceptible de donner des soutiens injustifiés à des agriculteurs en pleine forme financière. Mais tout cela ne devrait pas entamer la détermination des élus. Car les journaux le précisent très souvent : deux-tiers du budget du Farm bill sont destinés à des programmes « grand public » (tickets alimentaires, nutrition…). Or une bonne partie des représentants et sénateurs doit se faire réélire en novembre… Et a intérêt à soigner ses ouailles.