Abonné

UE/Pratiques œnologiques Le rosé menacé par un projet de règlement européen

- - 2 min

La France, premier producteur mondial de vins rosés, tire la sonnette d’alarme face à un projet de directive de l’Union européenne autorisant le coupage du blanc et du rouge pour fabriquer un rosé bon marché mais de qualité médiocre. Selon les professionnels de la filière française, l’adoption d’un tel projet mettrait en péril plusieurs dizaines de milliers d’emplois en France, en particulier en Provence. Fin janvier, les 27 représentants de l’UE ont adopté un projet de règlement autorisant le coupage entre vin blanc et vin rouge pour l’obtention de rosés ou de rouges plus légers en couleur. Le projet de règlement a été envoyé à l’OMC pour qu’il puisse être consulté par les pays tiers. L’objectif de la Commission est de libérer l’UE des «entraves oenologiques» pour s’ouvrir de nouveaux marchés, notamment la Chine. Le coupage du blanc et du rouge (beaucoup de blanc et un peu de rouge) pour fabriquer du rosé est déjà pratiqué, notamment par l’Afrique du Sud et l’Australie, mais est considéré comme une hérésie par les professionnels français.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Le projet de directive intervient alors que le marché du rosé, à la différence du marché du rouge et du blanc, est en plein essor. La consommation des rosés est passée de 8% à 22% de la consommation totale des vins en France durant les quinze dernières années. Si le coupage était finalement autorisé, les professionnels français souhaitent que la technique de production du vin soit inscrite clairement sur la bouteille au nom de l’information du consommateur et de la transparence.