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Le « sans antibiotique » se fait une place dans la production de porc

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La Cooperl il y a un an et demi, Cap 50 il y a un an, et prochainement Terrena. Plusieurs opérateurs majeurs de la production porcine française parient sur l’élevage de porcs « sans antibiotique ». Le succès est au rendez-vous. La Cooperl envisage d’atteindre une production annuelle de 1,5 million de porcs en 2017. Le Conseil national de la consommation travaille actuellement à l’encadrement de cette mention par décret.

Ce n’est pas moins d’un quart de sa production de porcs que la coopérative bretonne Cooperl envisage de passer, d’ici 2017, sous un cahier des charges « sans antibiotique à partir de la fin du sevrage », soit 1,5 million de porcs (350 000 cette année). Un an et demi après le lancement de cette nouvelle gamme de produits, la Cooperl est pleinement satisfaite. « Nous avons multiplié les volumes par quinze depuis le début de l’année. En gros, nous multiplions nos ventes par deux tous les mois », se félicite Thierry Du Teilleul, directeur marketing de la marque Brocéliande, sous laquelle sont commercialisés ces produits. La Cooperl envisage même d’exporter ces produits courant 2016. « Nous avons de fortes demandes de la part d’un certain nombre d’opérateurs à l’export », rapporte-t-il. Selon le journal Ouest France, la coopérative Cap 50 s'est également lancée dans l’aventure, il y a un an, et revendique aujourd’hui 40 % de sa production (360 000 porcs par an au total), conduite dans un cahier des charges « sans antibiotique ». Celle-ci devrait d'ailleurs faire une annonce importante dans les semaines à venir. Le groupe Terrena travaille également à l’intégration de cette mention à sa démarque de marque « Nouvelle agriculture ».

Bientôt un segment du marché

« Ça peut très vite créer un nouveau segment de marché », estime Thierry du Teilleul. Selon lui, la demande en « sans antibiotique » est supérieure à celle de produits de porcs avec taux de sel réduit, qui pèse actuellement pour 18 % du marché du jambon. « La France est l’un des pays où les attentes sont les plus fortes, estime-t-il. En Espagne par exemple, ce n’est pas du tout une demande ». Pour le directeur marketing de Terrena Christophe Couroussé, le « sans antibiotique » ne constitue pas un segment en soi : « C’est un élément de différenciation qui doit faire partie d’une démarche globale ». Pour lui, ce n’est pas le « sans antibiotique » qui est amené à se développer, mais les « marques qui garantissent l’origine et des modes de production », comme celle de Terrena, Nouvelle Agriculture. Le surcoût du produit fini est évalué à 15 %, estime-t-on à la Cooperl, qui ne souhaite pas communiquer sur les primes accordées aux éleveurs. « C’est une démarche volontaire des éleveurs. La plus-value n’est pas censée motiver les éleveurs. Ceux qui le font, le font par motivation », explique Thierry Du Teilleul. Dans la filière Fleury Michon - Abera (groupe Avril), la prime est de 6,50 euros par porc. En magasin, les prix des produits se situent entre le jambon supérieur et le label Rouge. 

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Le Conseil national de la consommation travaille sur la mention « élevé sans antibiotique »

Le Conseil national de la consommation (CNC), organisme paritaire affilié au ministère de l’Economie, travaille depuis décembre 2014 sur la mention « élevé sans antibiotique », a-t-on appris auprès de la DGCCRF. Ces travaux sont destinés à permettre l’élaboration d’un décret définissant les conditions d’utilisation d’une mention du type « élevé sans antibiotiques », qui soit « acceptable par tous les partenaires tout en évitant de donner une image négative des autres produits », explique la DGCCRF, qui préside le groupe de travail. Participent également les associations de défense des consommateurs, des organisations professionnelles et les ministères de l’Agriculture et de la Santé. Selon un proche du dossier, la volonté des pouvoirs publics serait que la mention ne devienne pas « une allégation santé ».