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Produits de la mer Le saumon bio visé par 60 millions de consommateurs

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La filière du saumon, en situation difficile à cause de coûts en hausse et de volumes en baisse, se passerait bien d’une nouvelle crise d’origine médiatique. Après les révélation de 60 millions de consommateurs sur les teneurs en métaux dans le saumon, les professionnels insistent sur le fait que les seuils autorisés sont loin d’être atteints en matière de résidus de pollution.

Un mois avant Noël, le magazine 60 millions de consommateurs, édité par l’Institut national de la consommation (INC), publie, en Une de son numéro de décembre, un dossier intitulé Saumon, carton rouge pour le bio, complété par un reportage dans l’émission Thalassa du 25 novembre. Le magazine met en exergue les résultats de tests indiquant que la teneur en métaux  (plomb, mercure, arsenic, etc.) est supérieure dans les pavés de saumon bio aux taux relevés dans les pavés conventionnels. Les tests mettent aussi en lumière des résidus en dioxine et PCB, en résidus de pesticides et de médicaments vétérinaires. Le magazine se veut en même temps rassurant : certes, il y a des résidus, davantage dans le saumon bio que dans le conventionnel, mais on reste loin des seuils autorisés.

Les organisations professionnelles ont répondu rapidement à la publication de ce dossier. Le Centre des produits de la mer de Norvège insiste sur le fait que les tests effectués par 60 millions de consommateurs et les experts interrogés par Thalassa concluent que « la consommation de poisson est essentielle pour la santé. » Il rappelle aussi toutes les recommandations émises par l’Anses, le VKM (Norvège) et la FAO, et le renforcement des tests effectués par les autorités norvégiennes. Pierre Commère, délégué général pour l’industrie du poisson à l’Adepale, considère le dossier comme une « fausse alerte » pour le consommateur. « On agite le chiffon rouge alors qu’il n’y a pas de risque pour le consommateur », souligne-t-il. En outre, réaliser une étude à partir d’un échantillonnage de seulement dix produits ne permet pas d’aboutir à un résultat fiable, selon Pierre Commère.

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L’Agence Bio et le Synabio ont diffusé de leur côté un communiqué dans lequel ils souhaitent « rassurer le consommateur » tout en précisant que les éleveurs de saumon bio respectent leur cahier des charge mais sont les premières victimes de la pollution. Les saumons d'élevage sont nourris à partir de farines de poissons sauvages, eux-même soumis à la pollution. 

Il est encore trop tôt pour connaître l’impact éventuel sur la consommation de cette nouvelle publication qui tombe au plus mal : la haute saison pour les ventes bat son plein pour le saumon fumé, mais les industriels souffrent d’une situation difficile avec des fortes hausses du prix de la matière première et du recul des volumes disponibles sur le marché (Agra Alimentation du 9 novembre 2016). La dernière crise médiatique liée au reportage d’Envoyé spécial en 2013 avait engendré un fort recul des ventes en France, où le marché n’a d'ailleurs toujours pas retrouvé son niveau antérieur.