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Libre-échange UE/États-Unis Le secrétaire américain à l'Agriculture essaie de comprendre les Européens

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En tournée en Europe pour tenter de comprendre les exigences de l'UE – indications géographiques, sûreté alimentaire... – dans les négociations de libre-échange transatlantiques qui reprennent le 14 juillet à Bruxelles, le secrétaire américain à l'agriculture, Tom Vilsack, a aussi averti que le Congrès des États-Unis n'approuverait pas un accord ne comprenant pas un fort chapitre agricole.

La 6e session de négociations pour la conclusion du Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement se tiendra du 14 au 18 juillet à Bruxelles. Dans ce contexte, le secrétaire américain à l'agriculture, Tom Vilsack, a eu des entretiens à Luxembourg avec ses homologues de l'UE lors d'un déjeuner informel le 16 juillet, à Bruxelles le lendemain avec le commissaire européen Dacian Ciolos et le président de la commission de l'agriculture du Parlement européen sortant, puis le 17 juillet à Paris, avant de se rendre en Irlande. À défaut de résultats significatifs dans le domaine agricole, il est peu probable que le Congrès approuve un accord commercial avec l'UE, a-t-il notamment souligné auprès de ses interlocuteurs.

De façon générale, le ministre américain a aussi expliqué que, sur les questions telles que les normes sanitaires et les indications géographiques, « nous ne devons pas chercher à avoir des systèmes identiques, mais équivalents ».

L'agriculture des États-Unis « n'est pas monolithique »

« Nous avons convenu aujourd'hui que nous devrions faire plus afin d'avoir une meilleure compréhension des différentes manières que nous avons pour faire la même chose », a déclaré Dacian Ciolos à l'issue de son échange de vues à Bruxelles avec Tom Vilsack. Le commissaire européen à l'agriculture a rappelé à ce propos que les États-Unis viennent d'adopter leur nouveau Farm Bill et l'UE la réforme de la Pac.

À Paris, le ministre américain a expliqué, devant la presse, que « l'agriculture américaine n'est pas monolithique ». La grande majorité des exploitations « sont de petite taille (...) Nous cherchons à renforcer cette diversité », a-t-il dit, assurant que le nouveau Farm Bill cherche à développer les circuits courts et l'emploi.

IG : « L'un des défis des négociations »

« Je suis également conscient du fait que nous avons besoin de faire un effort pour expliquer ce que sont les indications géographiques et ce que les indications géographiques ne sont pas, afin d'éliminer les soucis qui peuvent exister aux États-Unis à ce sujet », a également noté Dacian Ciolos après son entretien avec Tom Vilsack.

« Je me suis montré compréhensif sur la raison pour laquelle le sujet (des indications géographique) est important pour l'UE, a assuré son interlocuteur. C'est un sujet important aussi pour les États-Unis. Notre système est un système de marques commerciales, qui est différent de celui utilisé en Europe ».

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À Paris, le secrétaire américain à l'agriculture a précisé que l'objectif n'est pas « d'arriver à des méthodes identiques, mais à un niveau d'équivalence », et qu'il « ne faut pas qu'un système empêche l'existence de l'autre ». Mais un critère commun doit s'imposer, a-t-il ajouté : le consommateur doit pouvoir avoir le choix des produits en connaissance de cause entre les indications géographiques et les marques.

La plupart des ministres de l'agriculture des Vingt-huit ou leurs représentants et le commissaire européen ont évoqué ce sujet lors du déjeuner à Luxembourg avec leur homologue américain. « L'UE ne voit pas comment on pourrait avoir un accord sans que les indications géographiques fassent partie de l'accord », a remarqué ensuite Dacian Ciolos.

À Paris, où il a eu aussi un déjeuner de travail avec le ministre français, Stéphane Le Foll, Tom Vilsack a reconnu que ce dossier était « l'un des défis des négociations ». « C'est un problème qui n'est pas encore résolu à l'heure actuelle », a-t-il ajouté.

« Éliminer les barrières non scientifiques »

« Nos citoyens peuvent être très confiants, nous n'allons pas entériner un accord qui réduirait les normes qu'ils souhaitent pour leur nourriture », a assuré Dacian Ciolos à l'issue de son entretien avec le ministre américain. « Nous devons faire plus pour expliquer cela. Nous ne devons pas laisser l'impression que nous sommes en train de négocier secrètement derrière des portes closes ». La veille, Tom Vilsack avait plaidé à Luxembourg, devant des journalistes, pour un « objectif commun », à savoir « ouvrir les marchés et éliminer les barrières non scientifiques ». Aux États-Unis, avait-il noté, l'étiquetage porte historiquement sur la nutrition et les avertissements, dans le cas d'allergies par exemple.

« Il ne faut pas que chaque partie essaie d'imposer son système », a ensuite insisté à Paris le ministre américain, qui avait, la veille, reçu un avertissement de la part de Paolo de Castro, le président de la commission de l'agriculture du Parlement européen sortant : « le Partenariat transatlantique ne doit pas compromettre notre point de vue sur des questions telles que l'utilisation d'hormones, le clonage et les OGM ».