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Plan d'investissement européen Le secteur agricole européen circonspect sur le plan d'investissement de Juncker

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Les organisations agricoles de l'UE déplorent que le secteur agroalimentaire soit peu concerné par le plan d'investissement européen et craignent que le financement de ce plan ne supprime des marges budgétaires dont la Pac pourrait avoir besoin.

La présidence lettone du Conseil de l'Union et le Parlement européen sont parvenus le 28 mai au petit matin à un accord politique sur le projet de règlement instaurant le Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS), le bras financier du « plan Juncker » censé attirer, par effet de levier, plus de 300 milliards € d'investissements additionnels sur trois ans (1). Aux termes de ce compromis, qui doit être confirmé par les députés le 24 juin en session plénière, le FEIS reposera sur une garantie publique fournie par la Banque européenne d'investissement ainsi que par l'UE, notamment en puisant dans les marges annuelles du budget communautaire qui habituellement retournent dans les caisses nationales. 3 milliards € seront ainsi tirés de ces marges budgétaires, alors que la Commission de Bruxelles proposait à l'origine 2 milliards €.

Garder des marges budgétaires face à l'embargo russe

Les organisations et coopératives agricoles de l'UE (Copa-Cogeca) se sont déclarées « préoccupées » par cette ponction supplémentaire sur les marges du budget communautaire. Le secteur « fait face actuellement à des conditions de marché difficiles, avec une volatilité extrême et un resserrement des marges dans la chaîne d'approvisionnement alimentaire », a expliqué, dans un communiqué, Pekka Pesonen, le secrétaire général du Copa-Cogeca. « L'embargo russe pèse aussi fortement sur le secteur », a-t-il ajouté, estimant donc que « des ressources budgétaires doivent être rendues disponibles pour contrebalancer l'impact de la crise russe également en 2016 si nécessaire ».

Par ailleurs, le Copa-Cogeca déplore de nouveau que les projets agroalimentaires soient « à la traîne » dans le « plan Juncker » (2).

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La commission de l'agriculture du Parlement européen a adopté en avril, sur la base d'un rapport du démocrate-chrétien allemand Albert Dess, un avis soulignant que la Pac « est d'application territoriale et, par conséquent, très bien adaptée à la réalisation de projets en conjonction avec le FEIS » (3). 

(1) Voir n° 3494 du 27/04/15

(2) Voir n° 3477-3478 du 05/01/15

(3) Voir n° n° 3494 du 27/04/15 et 3488 du 16/03/15