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Union européenne Le secteur bovin européen fragilisé par l'embargo russe

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Le secteur européen de la viande bovine affecté par l'embargo imposé par la Russie sur les produits agroalimentaires de l'UE demande à Bruxelles de trouver de nouveaux débouchés. Si les marges des producteurs spécialisés dans l'engraissement se maintiennent ces dernières années, les autres éleveurs souffrent de plus en plus.

Les organisations et coopératives agricoles de l'UE (Copa-Cogeca) ont rencontré le 10 avril des experts de la direction générale de l'agriculture de la Commission européenne pour leur faire part du manque de perspectives dans le secteur européen de la viande bovine. La consommation stagne en Europe et la situation des producteurs, dont les revenus sont déjà bas, s'est aggravée avec l'embargo imposé par la Russie. « Il est essentiel pour la Commission de veiller à ouvrir des débouchés supplémentaires vers de nouvelles destinations sur le marché mondial », demande donc le Copa-Cogeca. Les négociations pour un accord de libre-échange avec les États-Unis inquiètent également : des quotas d'importation supplémentaires auraient de graves répercussions dans les zones rurales, a averti le président du groupe Viande bovine du Copa-Cogeca, Jean-Pierre Fleury.

Dépendance aux paiements directs

Dans une analyse publiée le 16 avril sur la situation du secteur portant sur la période 2004-2012, la Commission européenne souligne que depuis 2004 il y a eu une tendance à la hausse des coûts de production de la viande bovine. Mais cette hausse ne s'accompagne pas toujours d'une augmentation de la valeur de la production. Si les engraisseurs ont vu leurs revenus globalement progresser c'est moins le cas pour les éleveurs-engraisseurs et ce n'est pas le cas pour les éleveurs. Le revenu des éleveurs et des éleveurs-engraisseurs est beaucoup plus faible que celui des engraisseurs et est à peu près au même niveau en 2012 qu'il était en 2004, constate Bruxelles. Dans ces revenus, les paiements directs occupent une place essentielle.

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Depuis le découplage, les éleveurs n'ont pas été en mesure de couvrir les coûts liés aux facteurs externes et à l'amortissement de leur investissement. Résultat : leurs marges nettes ont été négatives à partir de 2007. Leur revenu serait même négatif en l'absence de paiements directs, au sein desquels les soutiens aux zones défavorisées et à l'environnement représentent une part importante.

Cette étude s'arrête aux données datant de 2012. Depuis, l'embargo russe est venu un peu plus fragiliser les éleveurs.