Par effet de ricochet, l’agroéquipement se voit à son tour touché par la crise agricole, notamment dans les filières d’élevage. Industriels et distributeurs prennent la parole.
Parmi les industriels de l’agroéquipement, 67 % s’attendent à avoir une baisse du chiffre d’affaires de 6 à 25 %, voire plus en France en 2016 et 30 % s’attendent à une baisse de leur chiffre d’affaires à l’export. Du côté des distributeurs, la baisse du chiffre d’affaires est de 2 % pour tout le secteur au 2e trimestre 2016. Ces chiffres donnés par le Syndicat national du service et de la distribution du machinisme agricole (Sedima) et le Syndicat français des industriels de l’agroéquipement (Axema), le 12 octobre, montrent la transmission de la crise agricole au secteur de l’agroéquipement. Le marché recule, faute d’argent chez les clients. « En matériel d’élevage, 100 % des industriels s’attendent à une baisse de leur chiffre d’affaires au 2e trimestre », analyse Elodie Dessaert, responsable du pôle économique d’Axema. Seuls le matériel viti-vinicole et celui des espaces verts sortent du lot et gardent la tête haute. Raphaël Lucchesi, président du Sédima, note « un fort recul des prises de commandes, avec une tendance similaire sur le parc d’occasion. Ce n’est pas un phénomène nouveau. Il était déjà en route au premier semestre ». Avec la loi Macron et la possibilité de sur-amortissement sur le matériel neuf, les agriculteurs ont renouvelé leur matériel l’an passé. Aujourd’hui, « les distributeurs sont confrontés à un effet ciseau entre la baisse des ventes du neuf et l’absence de prestation d’entretien », estime Raphaël Lucchesi.
74 % des distributeurs estiment leur trésorerie tendue
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
De plus, le parc d’occasion augmente avec du matériel vendu presque aussi cher que du matériel neuf. « Il a donc du mal à trouver sa place sur le marché, même à l’export », souligne Raphaël Lucchesi. Chez les distributeurs, les trésoreries deviennent plus tendues pour 74 % d’entre eux contre 55 % en 2015. « Les industriels voient leur marge baisser », constate Elodie Dessaert. En cause, la baisse des volumes de ventes (47 %), l’augmentation du prix de revient et les frais liés à la réglementation (33 %) ainsi que l’augmentation de la masse salariale (11 %). « Les entreprises ne vont licencier que si elles sentent qu’elles n’ont plus le choix », observe Patrick Perard, président d’Axema. En effet, trouver du personnel qualifié reste toujours difficile car les machines utilisent des techniques de pointe. Patrick Perard évoque « des entreprises qui ont déjà déposé le bilan ». Du côté de la distribution, Raphaël Lucchesi remarque que « les entreprises continuent à être dans des processus de rapprochement ». Elles élargissent aussi leur périmètre de vente et de suivi du matériel. Les deux représentants espèrent un soutien des pouvoirs publics : « Nous n’attendons pas des aides mais des dispositifs fiscaux ».
« Les distributeurs sont confrontés à un effet ciseau entre la baisse des ventes du neuf et l’absence de prestation d’entretien »