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Productions animales Le secteur porcin européen à la recherche d’un nouveau souffle

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Le coût élevé des aliments plombe le secteur porcin européen depuis plusieurs années et les prévisions de la Commission européenne ne sont guère optimistes pour 2011. Plusieurs organisations professionnelles, réunies le 3 décembre à Bruxelles, ont souligné la nécessité d’offrir des perspectives d’avenir à la filière, en particulier des outils de gestion pour aider les éleveurs à surmonter leurs difficultés.

Quelque 180 participants, dont des représentants des milieux professionnels et des Etats membres, ont pris part à la journée de réflexion sur le secteur porcin organisée le 3 décembre par le Belge Kris Peeters, ministre-président du Parlement flamand. Alors que le secteur porcin est confronté à de graves difficultés, plusieurs participants ont réclamé une plus grande ouverture en faveur des nouvelles technologies, davantage de mesures de soutien de marché, un renforcement des organisations de producteurs, des investissements plus soutenus pour les programmes de promotion et les campagnes d’exportation ainsi que des outils pour lutter contre la volatilité des prix et des revenus. La Belgique, qui assure la présidence de l’UE, rendra compte, en point divers, lors du Conseil agricole du 13 décembre, des différentes pistes évoquées lors de cette journée.
M. Peeters a souligné que les marges des producteurs se situent à des niveaux très faibles en raison des prix des aliments, qui, en Belgique, ont progressé de 25 % depuis mai 2010. Et, selon les prévisions de la Commission européenne, aucun renversement de tendance n’est à attendre en 2011, la situation des exploitations devant continuer à se détériorer de manière significative par rapport à la moyenne des performances obtenues sur le long terme, prévoit-on à Bruxelles. Le secrétaire d’Etat adjoint hongrois, dont le pays présidera le Conseil de l’UE à partir de l’an prochain, a plaidé pour la mise en place d’un groupe d’experts à haut niveau dans le secteur porcin. Il a également réclamé la mise en place d’une approche plus souple sur la tolérance zéro pour les OGM non autorisés.

Assurer la survie du secteur

Pour le Copa-Cogeca, les organisations agricoles et coopératives de l’UE, étant donné que les coûts élevés de production ne sont pas répercutés sur les prix de vente de la viande, il faut envisager « des mesures immédiates pour assurer la survie du secteur ». Une position soutenue par le Centre de liaison des industries transformatrices de viandes de l’UE (Clitravi) qui a indiqué que l’alimentation représente 60 % des coûts de production dans le secteur porcin. Cette organisation a regretté que les difficultés rencontrées dans l’approvisionnement en protéines animale n’aient pas été évoquées au cours de cette journée. De son côté, l’Union européenne du commerce du bétail et de la viande (UECBV) a déploré le manque de progrès au niveau européen sur le dossier des OGM et a constaté qu’il est de plus en plus difficile de rivaliser avec les autres pays fournisseurs sur les marchés extérieurs. Enfin, la Fédération européenne des fabricants d’aliments composés (Fefac), qui a mis l’accent sur la nécessité de « disposer d’une source locale d’approvisionnement en protéines », a estimé important de débattre activement au cours des prochains six mois de la possible réintroduction des farines carnées dans l’alimentation animale (1).

(1) Voir n°3278 du 06/12/2010

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