Les sénateurs veulent faire évoluer le projet de réforme viticole de l’Union européenne. Gérard César (UMP, Gironde) a présenté le 20 juin un rapport très critique à l’égard du projet de la Commission européenne qui sera présenté le 4 juillet au conseil des ministres de l’Agriculture. Les sénateurs, qui transmettront leur document au nouveau ministre de l’Agriculture, estiment qu’il est encore possible d’infléchir la réforme voulue par Mariann Fischer Boel.
Les sénateurs français ne sont pas du tout d’accord avec Mariann Fischer Boel. Adopté à l’unanimité par la commission des finances, un rapport, rédigé sous la houlette de Gérard César (UMP, Gironde), critique vivement les objectifs d’arrachage de vignes affichés par la commissaire européenne Mariann Fischer Boel : 400 000 ha ramenés éventuellement à 200 000 ha, ce qui ne lève pas l’opposition des sénateurs. Ceux-ci ne comprennent pas qu’en même temps on veuille libéraliser entièrement les nouvelles plantations. Il faut plutôt, selon eux, proposer un arrachage temporaire de vignes, les producteurs gardant en portefeuille la possibilité de replanter lorsque le marché le permettra. Au demeurant, ces replantations ne pourraient être réalisées qu’avec le feu vert des États concernés, au vu des opportunités de marché, notamment à l’exportation.
Maintenir les prestations viniques
Le rapport du Sénat tient aussi à préserver les subventions liées aux prestations viniques (destructions des lies et marcs de raisin) alors que la Commission européenne entend les supprimer. Gérard César fait remarquer les dangers qu’il y aurait à épandre ces coproduits de la viticulture dans les champs. « Cet épandage serait équivalent aux déchets d’une ville de 6 millions d’habitants », affirme-t-il, citant un calcul du ministère de l’Agriculture.
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Autre mécanisme à préserver, selon le Sénat, la distillation de crise destinée à parer aux déséquilibres de marché. L’aide à la distillation dite « alcool de bouche » pourrait en revanche être supprimée.
120 millions d’euros sont insuffisants
En outre, les sénateurs suggèrent d’encourager le regroupement de l’offre afin de peser plus lourd à l’exportation. La somme de 120 millions d’euros préconisée par Bruxelles pour cette action est jugée dérisoire. Selon Gérard César, les comités de bassin ou les interprofessions doivent être encouragés à mener des actions collectives de promotion ou de publicité. Il demande aussi que l’on assouplisse les conditions d’étiquetage des vins. En plus du millésime, la mention des cépages pourrait être indiquée, ce que l’INAO (Institut national des appellations d’origine) refuse jusqu’à présent. Enfin, le sénateur UMP rappelle qu’il existe toujours une proposition de loi qui distinguerait le vin des alcools plus forts en donnant plus de liberté d’expression pour la publicité sur le vin.