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Viande/Innovations Le snacking, moteur de croissance pour Charal

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Etre la marque n°1 dans son secteur ne suffit pas à Charal, la filiale du groupe Bigard, surtout dans un secteur aussi peu marketté que la viande et en cette période où les marques nationales sont particulièrement attaquées. Aussi le nouveau directeur marketing de Charal, Guy Lepel Cointet (1), qui mène la bataille à la fois au rayon frais et en surgelés, compte sur un surcroît d’innovations pour garder son avance. A l’heure où l’on constate plutôt une réduction du nombre de références (et Charal en compte près de 200), c’est une gageure.

C’est sur le marché en croissance du snacking que la marque du groupe Bigard, Charal, entend faire plus encore dans les prochains mois après une année quand même contrastée. Deux lancements de produits sont annoncés au rayon frais : des fajitas et des kebabs. Ce marché résiste mieux à la crise que d’autres avec des volumes en hausse certes ralentie (+ 1 % en volume et + 4 % en unités en cumul courant 2009) alors que, dans le même temps, les viandes de boucherie connaissent une stagnation, les volumes d’achats des ménages étant à + 0,1 % (cumul courant au 1er novembre, TNS Worldpanel) et perdant en valeur.
Les élaborés s’en sortent mieux, notamment les steacks hachés, mais les marinés, les cuisinés et autres carpaccio « souffrent », selon le directeur marketing de Charal, tandis que « les snacks chauds ne progressent plus aussi vite qu’avant ».

Recentrer les innovations
Pour autant, « nos innovations 2010 seront marquées par une volonté de recentrage sur notre core-business », a annoncé Guy Lepel Cointet, c’est-à-dire sur la viande rouge (piécés et steacks hachés). En fait, l’offre snacking que la marque avait initiée dans les rayons boucherie des grandes surfaces a très vite suscité de nouveaux concurrents à marques distributeur. Pour ne pas se faire rattraper, deux nouveautés Charal Snack sont annoncées pour mars prochain, un kebab de bœuf « prêt à déguster » au rayon frais (réchauffable au four à micro-ondes) et la première offre de fajitas de bœuf prête à déguster au rayon frais, également micro-ondable (au prix conseillé de 2,60 euros). La GMS n’est pas le seul débouché visé et Charal Snack est présent dans les transports ferroviaires ou maritimes et dans les aéroports. La gamme de burgers et hot-dogs est aussi implantée dans la distribution automatique.
L’entreprise détenue par Bigard, qui va également lancer de la viande « bio » au rayon frais, se félicite pour l’heure de ses innovations 2008/09 (2) qui lui ont permis de résister à la crise : à elles seules elles ont généré 700 tonnes de ventes supplémentaires, grâce notamment à ses surgelés « prêts à cuisiner », au burger micro-ondable haut de gamme, et aux nouvelles pièces de bœuf micro-ondables lancées en septembre dont le processus de fabrication reste inédit. « Les volumes ont dépassé de deux fois nos estimations de vente », assure Guy Lepel Cointet.
La société Charal, qui travaille également à 30 % pour les MDD, soutient en fait sa marque depuis cet été par une campagne de publicité, et pratique de nombreuses réductions pour attirer les consommateurs. Et, pour rester tout à fait à leur contact, cette campagne apparaît dans le métro, la presse gratuite, les gares, et même dans les facs, avec des distributions d’échantillons et des actions en points de vente.

(1) Nommé fin août directeur marketing de Charal, Guy Lepel Cointet était auparavant directeur marketing des glaces chez Unilever, en charge notamment de Magnum et de Carte d’Or. Il avait aussi été responsable France de la marque Ben & Jerry’s, après avoir occupé un poste de collaborateur au sein de la cellule marketing de Nestlé.
(2) Cf Agra alimentation n°2068 du 04.06.09 p 23

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