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Déshydrateurs de luzerne Le SNDF vote son intégration à Coop de France

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Le SNDF, Syndicat national des déshydrateurs (de luzerne) de France, a voté son intégration à Coop de France. L’organisation rejoindra la grande maison des coopératives, et se retrouvera aux côtés des coopératives céréalières, d’alimentation animale, etc.

L’assemblée générale du SNDF, qui s’est tenue le 8 novembre, a été l’occasion pour l’organisation de se prononcer sur son intégration à Coop de France, la confédération des coopératives françaises. Par 20 voix sur 24, cette étape dans l’intégration de toutes les familles coopératives dans Coop de France, souhaitée par Philippe Mangin (président de Coop de France) depuis longtemps, a été approuvée.

Le SNDF deviendra une section de Coop de France, aux côtés des coopératives céréalières, d’alimentation animale, d’éleveurs de bétail. Coop de France devrait entériner le 7 décembre l’arrivée en son sein de toutes ces familles.

Le président du SNDF, Guillaume Forzy, a démissionné de ses fonctions. Son successeur a été élu le jour même. Il s’agit de Jean-Pol Verzeaux, agriculteur dans la Marne et président d’Alfaluz, première coopérative de déshydratation de Champagne-Ardenne. Alfaluz est issue de la fusion de Luzerne de Champagne et d’Alf’Alliance en janvier 2006. « Il est logique qu’un nouveau président prenne ses fonctions maintenant, pour qu’il soit identifié à cette nouvelle étape qui commence», commenté M. Forzy.

Les dossiers seront traités de façon plus transversale aux filières. « Nous n’allons plus nous positionner en filière isolée », a résumé le nouveau président du SNDF.

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Que les mérites de la luzerne soient plus reconnus

La tâche qui attend la profession à Bruxelles est ardue. La réforme de la Pac accentue le différentiel d’aides à l’hectare octroyées aux céréales et à la luzerne, en défaveur de celle-ci. En effet, l’aide au secteur de la luzerne est découplée à 100%, contrairement aux céréales (75%). Les décideurs politiques ont ainsi renforcé artificiellement l’attrait économique des céréales, oléagineux et protéagineux au détriment de la luzerne, a expliqué Éric Guillemot, directeur du SNDF. « Il serait dommage que la luzerne perde sa place, alors que c’est une plante qui épure les sols et qui ne consomme pas d’engrais azotés », a souligné M. Verzeaux. En outre, la luzerne conforte l’approvisionnement de l’UE en protéines, face au quasi-monopole du soja. Enfin, ses extraits foliaires permettent de complémenter l’alimentation humaine en protéines naturelles, avantage qui pourrait aider à la lutte contre la faim. Le nouveau président a mis en regard tous ces bienfaits de la luzerne et l’insuffisance des moyens mis en œuvre.

Le talon d’Achille de la filière est l’énergie nécessaire à la déshydratation, a-t-il reconnu. Conscients de cet écueil, et pressés par les pouvoirs publics de Paris et de Bruxelles de réduire la consommation énergétique et de développer les énergies renouvelables, les déshydrateurs ont testé cet été le remplacement du charbon pur par des plaquettes de bois (bois déchiqueté) en mélange à 25% dans le charbon. Mais l’emploi de cette énergie renouvelable n’est pas moins onéreux que le charbon importé d’Afrique du Sud. Aucune incitation ne vient encourager l’utilisation de ce matériau : ni taxe sur le CO2, ni crédits de CO2. Ces deux mesures sont envisageables à un horizon encore lointain. La seule consolation pour les déshydrateurs est de prouver qu’ils parviennent à faire des progrès sur le plan énergétique.

Rappelons que les déshydrateurs sont 24 entreprises, 35 usines (contre 70 il y a 15 ans).