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Taxe d’équarrissage  Le SNIV dénonce l’asphyxie des entreprises de viande

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« Dès l’annonce de la création de la taxe d’abattage fin 2003, le SNIV avait immédiatement dénoncé un système qui ne pourrait qu’être suicidaire pour la filière bovine française et pour les entreprises d’abattage-transformation. » Trois ans plus tard, les entreprises adhérentes du Syndicat national des industriels de la viande se disent « asphyxiées », peut-on lire dans la dernière livraison internet de L’Actualité du SNIV.

Nos entreprises sont asphyxiées – voir les résultats de l’enquête IAA 2005 Cf ce numéro Spéciale, p.45 – et… les pouvoirs publics augmentent le taux de la taxe ! », s’insurge le SNIV. « Plus rien ne semble pouvoir arrêter l’infernal rouleau compresseur de la taxe d’abattage. Créée officiellement le 1er janvier 2004 pour se substituer à une autre taxe condamnée par la justice européenne (taxe sur les achats de viande prélevée sur la distribution), la taxe dite d’abattage s’est mise en place avec une justification politique : exonérer les éleveurs de leur responsabilité de pollueur/payeur. La promesse du ministre d’alors –“ les éleveurs ne paieront pas ”– en sera le symbole. Un symbole savamment exploité alors que cette taxe asphyxie les entreprises d’abattage-transformation, pénalise la consommation de la viande bovine française et, qui plus est, s’oppose à l’application de règles de droit : principe pollueur/payeur et libre concurrence dans le secteur de l’équarrissage par exemple. Cette entorse manifeste du respect des principes fondamentaux de transparence et d’équité n’a d’égale que l’incompréhension des pouvoirs publics face à la situation d’asphyxie des entreprises bovines et de perte de compétitivité de la viande bovine française. Et ce alors que les autres pays producteurs organisent l’offensive commerciale et que la mondialisation du marché de la viande bovine se met activement en place ! Mais les pouvoirs publics sont aveuglés par la facilité du mécanisme fiscal tandis que le monde de l’élevage, bénéficiant d’une conjoncture exceptionnelle, ne semble guère se soucier des conséquences économiques d’un tel matraquage. Les prochaines heures de l’interprofession risquent d’être bien difficiles : ses principes fondateurs en sont bafoués et on est en droit de se demander quel projet de filière reste à construire après un tel carnage sur son maillon central.»

Les industriels « vont continuer à se battre », poursuit le syndicat. En tentant de répercuter cette taxe, d’une part, et en continuant à en dénoncer « les effets pervers : effet déresponsabilisant pour les éleveurs, effet “ pousse au crime ” pour les équarrisseurs, effet inflationniste pour le prix de la viande bovine, effet de perte de compétitivité pour toute la filière.»

Réformer au plus vite le SPE

Même analyse à la Fédération nationale de l’industrie et des commerces en gros des viandes (FNICGV) qui « regrette vivement que l’avis unanime de la filière bovine ne soit pas pris en compte et dénonce cette politique inflationniste contraire aux intérêts de l’agriculture française et des consommateurs. Le prix de la viande française va, une nouvelle fois, en être affecté », indique la fédération dans un communiqué.

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La FNICGV est «surprise de la non-perception du ministère de l’Agriculture et de l’Economie concernant la situation économique des entreprises bovines. Celle-ci est gravement dégradée. Le prix du bétail n’est pas un indicateur sérieux pour observer les marges des entreprises. Prendre appui sur la privatisation de la collecte des déchets d’abattoirs pour justifier l’absence de réforme du SPE et la flambée des taxes ne l’est pas plus». La FNICGV va donc concentrer son action « pour convaincre le gouvernement de réformer définitivement le service public de l’équarrissage au plus vite en vue d’abolir la taxe d’abattage. Il y a urgence à agir avant que les ravages économiques de cette taxe n’aggravent la situation financière et l’emploi dans notre branche. »

La FNICGV souhaite donc que « le gouvernement prenne des initiatives avant la fin de l’été pour rendre irréversible cette réforme, ouvre réellement le marché de l’équarrissage et mette en oeuvre les moyens pour que le principe pollueur-payeur s’applique à tous. »