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Organisation professionnelle/Viande Le Sniv-SNCP pour une juste répartition de la valeur dans la filière viande

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A quelques jours de son assemblée générale le 1er octobre, le SNIV-SNCP, organisation professionnelle qui regroupe les entreprises françaises des viandes, fait un bilan assez pessimiste de la situation du secteur en France. « « Mais plutôt que d’être dans la complainte et les pleurs, nous préférons privilégier la réflexion et la prospective pour proposer des pistes de sortie de crise », a expliqué devant la presse son directeur général Pierre Halliez. Parmi celles-ci, il évoque une meilleure valorisation des produits de la viande, un rééquilibrage du partage de la valeur ajoutée tout au long de la filière. Il demande que les grandes enseignes les aident dans cette reconquête et que les pouvoirs publics alllègent les dispositions réglementaires qui handicapent la profession

Les industriels de la viande connaissent une période exceptionnellement difficile, couplant baisse de la consommation, augmentation des coûts de production en amont et refus d’absorber ces hausses par l’aval. « Le milieu de la filière se refuse d’être l’amortisseur de celle-ci », explique Pierre Halliez. Il cite l’Observatoire des prix et des marges qui constate qu’en moins de deux ans les prix payés à l’éleveur ont bondi de près de 8%, la GMS a conforté les siennes du même ordre (8%) tandis que l’industrie voyait les siennes chuter de 15%. « Le consommateur a payé une partie de ces hausses, mais c’est surtout l’industriel qui a dû serrer ses marges. Nous nous heurtons à des modèles économiques qui ne sont plus en phase avec l’évolution de notre amont ».
 
Un appel à un « déclic enseigne par enseigne »
Pour le syndicat, il faut réinventer un modèle économique, hérité du passé, qui évite cette perte de marge. La réponse est davantage à chercher du côté de l’aval, mais les industriels se heurtent à la guerre des prix soutenus par les pouvoirs publics pour la défense du pouvoir d’achat, alors qu’il faut retrouver un meilleur équilibre que cette course au prix le plus bas, selon Pierre Halliez. Il espère « qu’un déclic se produise en ce sens enseigne par enseigne ». Il demande notamment aux distributeurs de revenir au sens premier des promotions. « Elles ne doivent pas être des prix d’appels permanents qui détruisent la valeur du produit et ne font en rien augmenter la consommation, générant le syndrome du congélateur », déplore Paul Rouche, directeur délégué. Des sujets que ne manquera pas d’aborder Jean-Paul Bigard, président du Sniv-SNCP lors d’une table ronde avec le directeur des produits frais du groupe Carrefour, au cours de l’assemblée générale du 1er octobre.
 
Renouveler l’offre
Mais Pierre Halliez estime que la profession ne doit pas se nourrir de trop d’illusion et a tout intérêt à compter sur ses propres forces. Pour cela, elle entend accompagner la grande distribution à mieux valoriser les viandes et la qualité française. Un préalable est de mieux répondre aux attentes du consommateur et lutter contre la mauvaise compréhension des produits « qui conduisent à des déceptions ». Un regroupement des appellations devrait voir le jour au second semestre 2014, fruit des réflexions lancées en février 2013 lors des assises des États généraux de la viande. « Un système de notation à base d’étoiles pourrait graduer les qualités gustatives, tandis que la séparation entre viandes à griller, poêler ou bouillir serait plus clairement indiquée». L’objectif est de lutter contre la mauvaise compréhension des produits. Il appelle également de ses vœux davantage d’innovations dans les produits ou dans le packaging, comme ont su le faire les industries de la volaille.
 
Restaurer la compétitivité
Les autres actions que la profession se doit de mener tournent autour de la compétitivité. « Il faut la retrouver tant face à nos concurrents étrangers que face à la concurrence des protéines autres qu’animales ». Un point clé est l’harmonisation du droit social européen. L’action engagée auprès des autorités de Bruxelles par le Sniv-SNCP contre le détournement fait par l’Allemagne de la directive sur l’emploi de travailleurs étrangers est en bonne voie. Mais cela prendra encore du temps et dépend, encore après les échéances électorales en Allemagne, du scrutin pour les élections européennes, reconnaît Pierre Halliez avant que ne soit promulguée une nouvelle directive sur le travail détaché. « La plainte a toutefois le mérite de maintenir la pression sur l’Allemagne ». Il espère également que les pouvoirs publics apportent un soutien plus marqué aux industriels et que « cesse la séparation de l’administration ou pouvoirs publics d’avec les industriels, notamment pour l’export ». Cela passe par des mesures de simplification en matière sanitaire, environnementale, ou de diminution des charges. « Il y a trop de décalage entre les discours et la mise en pratique », déplore-t-il.

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