Concurrence internationale, réforme de la Pac, flambée des prix agricoles… Les industriels de la viande rassemblés dans le Sniv (Syndicat national de l’industrie des viandes) sont inquiets. Ils appellent la filière à créer une « vraie politique industrielle pour la filière bovine ».
«Ce que nous devons construire aujourd’hui pour notre filière viande, c’est une politique qui ne soit pas seulement agricole mais aussi agro-alimentaire ». Tel est le message que Jean-Paul Bigard, le président du Sniv, a voulu faire passer en clôture de l’assemblée générale du syndicat, le 25 septembre à Paris. Dans un contexte concurrentiel accru, marqué par la flambée du prix des matières premières agricoles et les incertitudes sur la nouvelle PAC, « l’asphyxie nous guette », lance Jean-Paul Bigard. « La contractualisation à l’amont et la dérégulation à l’aval (…) peuvent constituer un cocktail suicidaire pour nos entreprises », ajoute t-il. Tenant un discours rassembleur, Jean-Paul Bigard appelle à dépasser la division syndicale actuelle, tant dans le monde de l’élevage que pour le secteur de l’abattage-transformation. « On perçoit les tensions entre régions, entre productions, entre naisseurs et engraisseurs. Même constat pour nos entreprises : il est tellement facile d’alimenter le fond de commerce des divisions entre abattoirs de proximité et abattoirs industriels, entre PME et grandes entreprises, entre le privé et la coopération ! », indique-t-il. Pour le porte-parole du Sniv, il n’y a plus de temps à perdre. Il faut « fixer de nouvelles règles communes » entre éleveurs, abatteurs, transformateurs, bouchers et distributeurs.
Repenser les missions d’Interbev
Si l’interprofession (Interbev) est considérée comme le « cadre privilégié » pour mener ce travail, le SNIV pose toutefois un préalable : la tenue d’un débat de fond sur les missions de ladite interprofession. Les industriels de la viande demandent que ce débat ait lieu dans les mois à venir, avant que ne soit validé le renouvellement de la CVO, la cotisation interprofessionnelle à Interbev.
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Abordant les dossiers sectoriels, le SNIV déplore en particulier devoir continuer à financer 60 % du Service public de l’équarrissage, au détriment de la formation ou de la recherche/développement. Les industriels dénoncent également l’attitude des pouvoirs publics sur le dépistage de l’ESB. « L’administration vient de nous interdire le “pied de facture”, moyen qui nous permettait de mutualiser ce coût avec les consommateurs, bénéficiaires de la sécurité apportée par ces tests », tempête Jean-Paul Bigard. Pour celui-ci, il faut enlever les « énormes boulets » fixés au pied des entreprises.
Invité à s’exprimer en fin d’AG, le président d’Interbev Denis Sibille a tenu à alerter la filière sur la gravité de la situation concernant la diffusion de la fièvre catarrhale ovine sur le etrritoire français (voir interview par ailleurs). « Les cas cliniques recensés dans les élevages vont amener à des pertes de production en lait et viande. Il ne faut pas en négliger l’impact », a-t-il expliqué. Le président d’Interbev appelle à la mise en place d’un plan professionnel pour venir en aide aux éleveurs-naisseurs et aux engraisseurs pénalisés par le virus. Financé par qui ? Sofiprotéol, Unigrains, le Fonds de l’élevage et des banques, espère Denis Sibille.