Alors que l’ambiance se révélait morose à cause de la fièvre catarrhale, le Sommet de l’élevage a poussé un grand « ouf » de soulagement le 4 octobre avec l’annonce, la veille, de mesures venant de Bruxelles levant les restrictions de déplacements d’animaux. Malgré des appels au boycott du salon, les visiteurs sont venus aussi nombreux qu’en 2006 pour son premier jour.
«Ouf » de soulagement le 4 octobre au Sommet de l’élevage de Clermont-Ferrand, malgré un contexte troublé par l’expansion spectaculaire de la fièvre catarrhale ovine (FCO) en France. Le bilan, au soir du premier jour d’ouverture, montre une fréquentation autour de 22 000 visiteurs « très sensiblement égale » à celle de l’édition précédente, se félicite son président Roger Blanc. « Cela nous donne une première tendance très satisfaisante », ajoute-t-il. Les mesures annoncées par Bruxelles la veille de l’ouverture, levant, sous contraintes, les interdictions de déplacements des animaux issus des différentes zones liées à la fièvre catarrhale, ont « apporté la sérénité » à la Grande Halle d’Auvergne et la joie des professionnels.
Michel Barnier salué par les professionnels
« Nous avons assisté à une sorte de miracle », commente en tribune dans la matinée Denis Sibille, président d’Interbev, à propos « des mesures exceptionnelles » annoncées le 3 octobre. « Nous le demandions depuis longtemps mais on n’y croyait plus du tout », ajoute-t-il en adressant un « bravo » à Michel Barnier « pour tout le travail accompli en un mois ». « Un grand coup de chapeau au ministre pour cet accord obtenu avec une grande diplomatie », ajoute pour sa part Pierre Chevalier, le président de la Fédération nationale bovine. « Je vous remercie vraiment monsieur le ministre, car hier matin, le moral était au pessimisme », poursuit Roger Blanc, concluant les félicitations publiques des personnalités syndicales. «
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Des inquiétudes demeurent
Les craintes d’un boycott de l’édition 2007 et les mécontentements des éleveurs étaient pourtant nombreux avant l’inauguration. Les mesures bruxelloises vont apporter un bol d’air dans la trésorerie des exploitations mais n’ont pas résolu tous les problèmes pour autant. Les éleveurs de ruminants en sont bien conscients. Le récent développement rapide de la fièvre catarrhale en France et en Europe et l’absence de traitement efficace pour en limiter sa propagation continuent d’inquiéter. « Normalement, la mise en place d’un nouveau vaccin sur le marché nécessite entre 4 et 5 ans », explique Jean-Marie Bournigal, directeur de la Direction générale de l’alimentation (DGAL). « Au mieux, nous pouvons espérer un premier vaccin pour le premier semestre 2008 », ajoute-t-il, en soulignant que trois laboratoires travaillent sur le sujet. Depuis le 27 juillet, la DGAL a enregistré 2 278 cas confirmés de ruminants malades en France, dont 80 % de bovins et 20 % d’ovins (symptômes plus sévères). « L’expansion du sérotype 8 dans le nord de l’Europe, différent de celui existant déjà en Espagne, a été très brutale, apparaissant même plus tôt qu’en 2006 », commente Jean-Marie Bournigal.
« Vivre avec la FCO »
« Nous devons désormais apprendre à vivre avec la FCO », a annoncé Denis Sibille. Le réchauffement climatique semble en être le principal responsable, selon la DGAL. « Face à des restrictions budgétaires de toutes parts, les éleveurs ne peuvent compter sur l’Etat Providence », a ajouté le président d’Interbev. « Nos systèmes de gestion de crise actuels sont très contraignants et obsolètes. Nous changeons de monde. Nous devons imaginer de nouveaux systèmes professionnels », souligne-t-il. Selon lui, cela doit passer par une solidarité professionnelle avec, d’abord, des éleveurs eux-mêmes, avec le Fonds national de l’élevage par exemple, mais aussi avec la solidarité des céréaliers qui commercialisent une grosse part de leur production pour l’alimentation animale. « Nous devrons tous mettre main à la poche. Ce sera le décor de demain », a-t-il conclu.