Les dirigeants européens ont réaffirmé, lors de leur sommet de printemps, leur souhait de conclure les négociations de libre-échange avec les États-Unis d'ici fin 2015. La présidence du Conseil des Vingt-huit reste toutefois très prudente sur le calendrier, de même que la Commission de Bruxelles.
Les chefs d'État et de gouvernement des Vingt-huit, réunis les 19 et 20 mars, ont affirmé, comme ils l'avaient fait en décembre dernier (1), que « l'UE et les États-Unis devraient tout mettre en œuvre pour conclure » les négociations de libre-échange avec les États-Unis « sur un accord ambitieux, global et avantageux pour les deux parties d'ici la fin de l'année ». « Je suis encouragée par le fort appui à ces négociations », s'est félicitée la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, qui s'entretenait le 20 mars avec Michael Froman, le représentant américain pour le commerce.
« Pour un tango, il faut être deux »
Le chef de la diplomatie lettone, Edgars Rinkevics, dont le pays assure la présidence semestrielle du Conseil de l'UE, a toutefois estimé devant la presse le 25 mars, en marge d'une réunion informelle des ministres du commerce des Vingt-huit, que, « durant notre présidence et la suivante, celle du Luxembourg », de juillet à décembre, les pourparlers avec Washington « ne seront vraisemblablement pas conclus ». « Nous avons examiné la stratégie globale en vue d'aboutir à un accord, mais nous ne pouvons pas exclure que cela prenne plus de temps », a-t-il dit, ajoutant : « La volonté politique est là mais pour un tango, il faut être deux ».
« Nous ne pouvons pas citer une date », a reconnu de son côté la commissaire européenne au commerce, remarquant néanmoins que les deux parties souhaitent conclure les négociations « sous l'administration d'Obama », soit avant janvier 2017.
Poursuite des négociations en avril, puis juillet
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Le sommet européen de printemps a également souligné, compte tenu des réticences et craintes soulevées par les pourparlers entre l'UE et Washington, que « les États membres et la Commission devraient redoubler d'efforts pour faire connaître les avantages de cet accord et pour renforcer le dialogue avec la société civile ».
Face à cette méfiance à l'égard du Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement, le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, voulaient s'assurer du soutien ferme des dirigeants européens pour un accord avec Washington (2). Des questions très controversées, comme le règlement des différends investisseur/État (ISDS), le rapprochement des normes ou encore la libéralisation des services (et donc des risques pour les services publics), alimentent les craintes de certaines capitales et de la société civile. La huitième session de négociations bilatérales s'est tenue début février (3) et deux sessions sont programmées, une en avril aux États-Unis, puis une à Bruxelles avant la pause estivale, en juillet.
(1) Voir n° 3477-78 du 05/01/14
(2) Voir n° 3489 du 23/03/15
(3) Voir n° 3484 du 16/02/15