Abonné

Volaille/Crise Le sort des poulets frais de Doux fixé avant la fin de la semaine

- - 5 min

Le tribunal de commerce de Quimper a examiné le 5 septembre les offres de reprise du pôle frais de Doux qui a été placé en liquidation judiciaire le 1er août dernier. Un jugement est attendu pour vendredi, ou au plus tard lundi 10 septembre, date d’expiration de la poursuite d’activité fixée lors de la liquidation de ce pôle le 1er août. Quelle que soit la décision du tribunal, des pertes d’emploi conséquentes sont redoutées.

Après le retrait de la société Tallec, les principales offres émanent pour les principaux sites du groupe Glon Sanders, filiale de Sofiprotéol, Duc, Axéréal et LDC. Glon Sanders, candicat malheureux dans le cadre d’une offre globale faite avec d’autres partenaires industriels pour la reprise des autres activités du groupe finalement laissé à ses anciens dirigeants, a présenté en août, une offre pour trois des sites situées dans le centre de la France, en association avec Duc. Il s’agit du couvoir de poussins situé à Amilly dans le Loiret (12 salariés) de l’abattoir de poulets basé à Boynes dans le Loiret (75 salariés) et l’abattoir de poulets basé à Boynes dans le Loiret (75 salariés). Par ailleurs, Glon se propose de reprendre seul le site de Blancafort, site spécialisé dans la dinde et qui n’avait initialement fait l’objet d’aucune offre. Pour ce dernier site, la filiale de Sofiprotéol souhaite que cela soit conditionné à la fermeture du site de Pleucadec, qui a la même activité et a été conservé par Groupe Doux. Le repreneur éventuel fait valoir que cette condition est liée au fait que le marché de la dinde est très déprimé et que la cohabitation de deux sites n’est pas viable.
Le site de Sérent a fait l’objet de deux offres concurrentes émanant de Duc et LDC. Pour ce site, Duc propose de reprendre 127 CDI (contre 101 dans l’offre initiale). LDC propose de reprendre 60 CDI (contre 55 précédemment) tout en prévoyant le transfert de 55 CDI sur des sites situés à moins de 20 km et des embauches sur d’autres sites du groupe. La société Tallec, un des trois repreneurs pour le site de Sérent a jeté l’éponge invoquant l’absence de solution permettant de continuer à utiliser la marque « Père Dodu - Le Choix du Chef » sous laquelle une partie très importante des produits sortant de Sérent était jusqu’à présent commercialisée. LDC candidat pour ce site offre également de reprendre l’abattoir de Laval dont il reprendrait les 261 salariés. L’abattoir de Graincourt (Pas-de-Calais) semble en revanche condamné. Un projet de reprise avait été élaboré par un entrepreneur, maire de la ville voisine d’Offin, qui cherchait à créer une société française soutenue par des capitaux iraniens, avant qu’une société ukrainienne MHP ne montre également un intérêt, espoirs qui furent de courte durée. La vétusté du site a rebuté les acquéreurs potentiels. La liquidation judiciaire et donc la fermeture du site, qui employait 254 personnes, est prévue pour le 10 septembre.
 
Un gâchis pour les syndicats
A l’issue d’un comité central d’entreprise qui a eu lieu le 4 septembre au siège du groupe, les syndicats ont dit ne pas espérer sauver plus de 720 emplois sur les 1 692 en cause. « C’est un vrai gâchis alors qu’on aurait pu sauver ce groupe s’il y avait eu une vraie volonté », selon les syndicats. Pour la CGT, rien n’est toutefois joué. Selon ce syndicat, l’option d’une reprise globale du groupe (3.400 salariés au total en France), rejetée par le tribunal le 1er août, reste plus que jamais à l’ordre du jour. « Nous n’envisageons pas que le tribunal puisse valider ces offres de reprise partielle. Ce serait une aberration industrielle, économique et sociale », estime Raymond Gouiffès, délégué central CGT, rappelant que les différents pôles de Doux (frais, congelé, produits élaborés) sont profondément imbriqués. Selon lui, « le tribunal peut et doit se donner le temps d’assurer une reprise globale (de Doux) et de permettre une restructuration de la filière avicole ». La CGT espère que « sous la pression et vu les enjeux», le tribunal acceptera à cet effet d’accorder un nouveau délai de poursuite d’activité du pôle frais. Le syndicat prône aussi un dessaisissement du tribunal de commerce de Quimper au profit d’une juridiction professionnelle, comme l’avais suggéré Xavier Beulin, président de la FNSEA et de Sofiprotéol, déclenchant une courte polémique. Concernant les autres activités de Doux (export et produits élaborés), pour laquelle la famille éponyme dispose du soutien de la banque Barclays, le tribunal a fixé la période d’observation au 30 novembre.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.