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Distribution Le succès de Biocoop repose sur un travail commun avec les agriculteurs

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Se fournir en produits bio de proximité, en essayant de rémunérer justement les producteurs et sans proposer des prix trop élevés aux consommateurs ne peut se réussir sans une forte implication. Pour y parvenir, Biocoop accompagne les producteurs, crée des filières d’approvisionnement complètes et favorise la complémentarité entre elles, notamment entre la filière « céréales » et la filière « élevage ».

Depuis quelques années, la coopérative de consommateurs Biocoop développe des filières d’approvisionnement direct, incluant les agriculteurs et au besoin des transformateurs, pour son réseau de magasins, explique-t-elle à travers des communiqués.
De toutes les filières, celles de fruits et légumes est une des plus problématiques. La production en plein champ subit de plein fouet les aléas climatiques. Les pics de production ne sont pas toujours en phase avec les pics de consommation, sensibles à la météo. En cas de décalage (production précoce ou tardive), une partie de la production peut être perdue. Biocoop travaille à structurer la filière en accompagnant producteurs et consommateurs pour le calcul d’un juste prix, l’anticipation et la juste répartition de la production, explique un communiqué. Elle s’engage avec les producteurs sur des volumes et des objectifs de prix à l’année, la production est planifiée avant plantation. Au-delà de ces engagements, pour limiter les pertes, Biocoop aide les producteurs à trouver des débouchés complémentaires, en restauration collective par exemple, et sollicite en ce sens les collectivités locales.

Ne pas laisser peser les aléas du climat sur les seuls producteurs

La production de céréales bio est également soumise à des variations en fonction des aléas climatiques avec des conséquences sur le prix des céréales, lequel entraîne des perturbations du marché. Ce qui peut favoriser des importations à prix plus bas. Pour structurer le marché, Biocoop anticipe, contractualise les volumes pour l’année à venir et planifie la production à long terme avec les producteurs en essayant de construire des prix – dans une fourchette – en fonction des coûts de production. L’enseigne donne des estimations et des tendances pour les deux années suivantes. L’anticipation et la sécurisation des débouchés facilitent les investissements des producteurs qui recherchent l’autonomie en s’équipant d’outils de stockage et de triage dédiés. En 2010, la récolte de céréales bio comme la récolte de céréales conventionnelles n’ont pas été bonnes en France et certains investissements sont reportés à 2011. Des années comme celle là, Biocoop essaye de répartir les charges entre les différents maillons de la filière : production, transformation, distribution, pour que les producteurs ne supportent pas seuls les coûts.
Trois structures travaillent avec le réseau de magasins bio : la Corab (Poitou-Charente) qui est un groupement d’environ 100 producteurs pour une collecte de 7 000 tonnes ; la Cocebi (Bourgogne) qui compte 160 adhérents pour 9 000 tonnes collectées et Biocer (Normandie) qui collecte 10 000 tonnes auprès du 80 apporteurs de céréales.

Aider à la création d’outils de transformation

Biocoop rapproche encore la filière « céréales » de la filière « viande » apportant à la première un débouché (environ 30% de la production) et à la seconde un approvisionnement sûr (traçabilité, moins de manipulations et de risque de contaminations OGM). Sous sa marque « Ensemble pour plus de sens », la coopérative vise les 100% d’aliments pour animaux produits sur la ferme ou à proximité. En contrepartie de ces exigences, les producteurs reçoivent une juste rémunération.
Les conversions à venir en filière « viande » comme en filière « lait » sont nombreuses. Les filières sont en plein développement et connaissent des fluctuations, ce qui impose de s’organiser. Biocoop étudie avec les éleveurs les débouchés et les circuits de distribution au sein d’une organisation collective. La commission bio d’Interbev permet d’avoir des informations et facilite le travail. Le développement de la filière « viande » repose sur une planification de la production et des sorties d’animaux. La filière « lait » se développe sur un marché en très forte croissance. Le GIE de collecte Biolait est partenaire avec des spécifications « porteuses de sens » : fermes 100% bio, alimentation des vaches venant à 80% minimum de la ferme, mutualisation du prix payé au producteur. Biocoop cherche en général à développer le lien au terroir et incite à développer des ateliers de transformation à proximité des zones de production non encore couvertes, utilisant des savoir-faire respectueux de la qualité et du goût. Faute d’une rentabilité pour les distributeurs, ces ateliers disparaissent. Aussi, 45% de la production de lai bio sont vendus sous forme de lait conditionné.

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